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27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mer 17 Oct - 0:54 | |
| - Vous là! L'officier des panzers! Oui vous! Je mets quelques secondes à réaliser que c'est de moi qu'il parle. Je redresse la tête incrédule. Un jeune soldat qui est assis à côté de moi me donne un discret coup de coude. - Hep... Oberleutnant... c'est pour vous je crois. Je regarde l'homme qui est en face de moi, il me fait signe de le suivre. Je me lève et quitte ma couchette. Il mâche un chewing gum et déambule tranquillement entre les soldats qui sont assis à même le sol. Je le suis sans un mot. Quelques camarades me font un petit signe d'encouragement. Nous sortons de l'enceinte pour nous rendre vers ce qui semble être un complexe administratif. Il fait chaud et chacun de nos pas lève de la poussière. Nous nous dirigeons vers une cabane en bois. Deux soldats montent la garde de part et d'autre de la porte. On me fait entrer dans un bureau. Le gars qui est venu me chercher me fait signe de m'asseoir devant un bureau. Quelques secondes plus tard, un officier entre. Il me tends la main et dans un Allemand parfait se présente. - Bonjour, je suis le Wing Commander Harry Flower. Prenez place oberleutnant. Il poursuit: - Je suis officier dans la RAF et depuis quelques semaines, j'ai été détaché dans ce camp de prisonniers afin d'auditionner les officiers en priorité. Je sais que mon affectation dans l'aviation peut paraître surprenante pour effectuer ce travail, mais vu que je parle l'Allemand, on m'a désigné à ce poste. Il sors une grande boîte en acajou et y prend une cigarette américaine. Il me tend la boîte: - Cigarette? J'hésite, puis j'en prends une. C'est une blonde, rien à voir avec les horribles cigarettes piquées aux Russes. Celles là sentent bon le miel. - Prenez-en encore deux, vous aurez l'occasion de les fumer car nous allons avoir pas mal de temps à passer ensemble. Il poursuit: - Le but de cette audition, est de déterminer quel a été exactement votre rôle pendant la guerre. Je vous informe immédiatement que même si vos chefs ont pas mal détruit d'archives, ils en restent néanmoins suffisamment pour établir le pedigree de la plupart des officiers allemands encore vivants. Il se lève et se dirige vers une fenêtre. - Venez un peu par ici oberleutnant. Je le rejoins. - Vous voyez là bas cette cabane? Bien sûr que je la vois. Devant le perron il y a deux soldats russes facilement reconnaissables à leurs parements rouge et leurs bonnets typiques. Ils portent tous deux une PPSH en travers de leur poitrine. Flower poursuit: - Vous savez qui occupe ce bureau? Je réponds: - Naturellement que je le sais, il s'agit de soldats soviétiques. Flower envoie un bouffée de fumée vers le plafond. - Vous avez tout juste oberleutnant. A l'intérieur il y a deux commissaires du NKVD. Deux émissaires envoyés par l'Etat-Major général des forces communistes. Ils sont là pour récupérer un maximum de prisonniers allemands ayant combattu sur le front Est. Je frémis. - Les Russes veulent juger et punir tous les soldats allemands qui les ont combattu. Qu'en pensez-vous oberleutnant? Je ricane: - Avez-vous la moindre idée de ce qu'est le NKVD monsieur l'officier de la RAF? Je retourne m'assoire sans l'attendre. Je fume rageusement. Il ne répond pas et m'observe intéressé. Je continue en fixant le mur. - Le NKVD est l'équivalent de ce qu'étaient les SS chez nous. Des types dotés d'une imagination hors du commun pour trouver des sévices de toutes sortes à faire subir aux gars qui passent entre leurs mains. Je me retourne vers lui et le fixe dans les yeux: - Leur tribunaux aux Russes ça ne vaudra que pouic. Ils exécuteront sans discuter tous les soldats qui seront jugés chez eux. Les plus chanceux auront droit au peloton d'exécution, les autres à quelques tortures raffinées avant d'être décapité ou de ce voir planter dans la nuque une douille vide d'un élégant coup de crosse. Je rigole nerveusement. Pauvre con d'Anglais, mais qu'est-ce qu'il connaît de la guerre, lui le bellâtre, pilote de Spitfire a faire le tendeur dans son bel uniforme bardé de médailles. Il revient s'asseoir. - Détrompez-vous oberleutnant, nous sommes au courant de bien des choses, bien plus que vous ne le pensez. Voyez-vous, nous avons une vision un peu différente que nos alliés soviétiques. Nous pensons qu'il est temps que l'Allemagne se relève de ses ruines... oh, il y a bien quelques précautions à prendre avec vous, incorrigibles Allemands, mais nous ne voulons pas vous garder indéfiniment dans des camps, hors, il faudra bien vous libérer un jour, simplement, nous aimerions nous assurer définitivement que vous préférerez empoigner le manche d'une pelle ou d'une pioche plus que la crosse d'un fusil ou d'une mitraillette. Je m'emporte: - Mais bon sang qu'attendez-vous alors? Avez-vous vu les types qui sont entassés là dehors. Je vous défie d'en trouver un seul qui ait envie de retourner là d'où nous venons, pas un seul vous m'entendez, pas un seul. Tout ce que nous voulons c'est rentrer dans nos foyers... ou de ce qu'il en reste. Le regard de l'officier anglais se durcit: - Allons donc oberleutnant ne soyez pas si naïf et ne me prenez pas pour un idiot, vous savez comme moi que parmi les prisonniers qui sont dans ce camp il y a encore quelques irréductibles fanatiques déjà nostalgiques d'un passé pourtant très proche. Il a raison le Wing Commander. Mais je n'ai plus envie de parler de cela. - Commençons mon interrogatoire qu'en on finisse Mister Flower... Il soupire et presse une sonnette sur son bureau. un intendant entre et s'installe devant une machine à écrire. L'officier anglais commence: - Nom? - Kowalski. - Prénom? - Heinrich. - Vous avez un deuxième prénom? - Oui, Hans... c'est le prénom de mon père. - Grade? - Oberleutnant dans une division de panzer. Il sort d'une enveloppe et extirpe mes médailles et rubans qu'il renverse sur le bureau - Ce sont vos décorations? - Oui. - Pouvez-vous m'en dire plus à leur sujet? Je soupire, des souvenirs parfois pénibles sont liés à certaines d'entre-elles. - La Croix de Fer 2ème classe, je l'ai eue en juin 40 après la reddition de la France. La Croix de Fer 1ère classe, je l'ai obtenue en novembre 1941, juste après la première bataille de Kharkov la Croix allemande je l'ai eu après le siège de Zhitomir durant l'hiver 43-44 et la Croix de Chevalier lors de la percée de la poche de Korsoun. Les rubans correspondent aux décorations et étaient portées en lieu et place des médailles au combat. Je regarde pensivement les quatre décorations. Ces morceaux de métal tellement insignifiants aujourd'hui. Et dire que des soldats sont morts pour avoir tenté de les obtenir. Flower poursuit: - Combien avez-vous détruit de blindés? Je rigole: - Combien??? Mais je n'en sais rien, plus de cents sans doute et je ne compte pas les tranports chenillés, les véhicules légers, les canons autoporteurs ou les pièces d'artillerie antichars. - Avez-vous une idée du nombre de soldats alliés que vous avez tués? - Non je n'en sais rien, des centaines sans doute aussi. - Des Américains, des Britanniques? - Je crois ne pas avoir tué d'Américains, des Anglais et des Français pendant la bataille de France, puis des Soviétiques, que des Soviétiques, des petits, des grands, des gros, des avec des médailles, des avec des moustaches et même des avec des fusils, si si j'vous jure, avec des fusils vous vous rendez-compte ce que c'était dangereux. Mais sacré bon sang Flower, que croyez-vous donc que j'ai fait pendant trois ans en Union Soviétique? Un pique nique, un bal dansant? L'officier britannique est exaspéré par le ton cynique de ma réponse. - Tenez en vous à l'essentiel Kowalski et je vous prierais de vous abstenir de faire des commentaires. Avez-vous fait partie de la SS Waffen ou du parti national socialiste? - Non, bien sûr que non. Si j'avais été dans les SS, mon uniforme en porterait les insignes. Il répond sèchement. - Un uniforme ça se change Kowalski. Je rigole, mais qu'est ce qu'il est con cet anglish. - On voit bien que vous ne connaissez pas les SS, Wing Commander, ils sont tellement fiers de leurs parements qu'ils préféreraient mille fois mourir dedans que de l'échanger contre celui d'un vulgaire soldat de la Heer. Flower n'apprécie visiblement pas mon ton ironique. - Encore une fois vous faites preuve d'un naïveté déconcertante Kowalski. Retirez votre veste, votre chemise et levez vos bras. Vous n'avez pas intérêts d'avoir votre groupe sanguin tatoué, si c'est le cas, je vous informe que je vous envoie directement rejoindre nos collègues du NKVD c'est clair? - Parfaitement clair, mais je ne risque rien, je n'ai aucun tatouage. Je me déshabille et lève mes bras. Après avoir méticuleusement vérifié si je ne m'étais pas mutilé pour effacer un éventuel tatouage, il m'ordonne de m'habiller. Une fois ma vareuse revêtue, il saisit une règle et m'indique avec celle-ci, la fameuse bande noire à tête de mort qui orne ma manche droite. - Et ça Kowalski, ça correspond à quel Sonderkommando? Je commence de comprendre son acharnement. Je souffle un coup. - Détendez-vous monsieur l'officier anglais. Ca n'a absolument rien à voir avec la SS Waffen, bien au contraire. Il s'agit d'une marque destinée aux bataillons disciplinaires. La 27ème division de Panzer comptait parmi ses unités, la 5ème compagnie dont je faisais partie. D'ailleurs si vous regarder mon insigne de vareuse, il est démuni de l'aigle. Nous n'avions pas le droit de le porter non plus. Pendant que je parle, apparaît un soldat d'intendance. Il porte sous le bras un petit dossier cartonné qu'il remet à mon interlocuteur. Pendant qu'il le consulte attentivement, je m'allume une nouvelle cigarette. Il reprend: - Bien, bien oberleutnant Kowalski, on dirait que votre déclaration tient la route. Vous êtes bien né le 21 décembre 1922 à Oberzarten au pied du Feldberg en Forêt Noire? Je suis un peu surpris qu'il ait trouvé une telle information, je me redresse sur ma chaise: - heu... oui, c'est bien cela... - Votre père s'appelle Hans Kowalski et votre maman Martina Bachman. Vous êtes l'aîné d'une famille de quatre enfants, deux frères, Franz et Klaus et une sœur prénommée Verena. Je murmure. - Oui, c'est juste. mais où avez-vous pu trouver aussi rapidement des informations si précises à mon sujet??? Sans répondre à ma question, Flower poursuit: - Vous êtes entrés dans les jeunesses hitlériennes en janvier 1939. Quelques mois plus tard, bien noté par vos instructeurs, vous avez rejoint l'école d'officiers de chars à Schleswig. En mai 1940, vous avez terminé votre formation et vous avez intégré le 25ème régiment de Panzers, sous le commandement du colonel Rothenburg directement commandée par le Général Rommel. Vous avez été envoyée d'abord à Sarrebruck puis, lors de l'invasion de la France, dans le secteur de la Meuse où vous avez détruit votre premier char à Grange, un Somua français. Vous avez ensuite bénéficié d'une assez longue période de repos avant de rejoindre la Pologne et participé à l'opération Barbarossa dès le 22 juin de la même année. _________________

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|  | | 27Pzd_Kowalski

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| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mer 17 Oct - 0:54 | |
| Il lève les yeux du dossier et me regarde au travers de ces petites lunettes de lecture en demie-lune. - Vous voyez Kowalski, nous en savons beaucoup plus sur vous que vous ne le pensez. Vous aurez l'occasion de vous expliquer en détail sur la suite de votre carrière de tankiste sur le front Est tout à l'heure. Mais avant cela, j'ai encore quelques questions... disons d'ordre général à vous poser. Je me rends bien compte que le dossier qu'il tient en main n'est certainement et de loin pas complet. Cependant, en me donnant des détails très précis sur ma famille notamment, il m'a fait comprendre que la seule issue pour éviter de passer à l'Est, était de raconter la vérité. Et puis de toute façon, à quoi bon mentir. Au point où j'en suis aujourd'hui... Son intendant change de feuille à sa machine à écrire. - Bien Oberleutnant, continuons. Etiez-vous au courant du traitement qui était réservé aux Juifs et si c'est le cas que savez-vous à ce sujet. J'ai la gorge serrée. je n'ai pas envie de répondre à ce genre de questions. Même si je n'ai pas de détail sur leurs conditions de détention, pour avoir connu la prison de Schleswig, j'ose à peine imaginer les horreurs qu'ils ont dû subir. Tout le monde parlait en sous entendu de ces fameux camps, mais personne avait envie d'en savoir trop. Non seulement la vérité nous faisait peur, mais en plus on avait assez de problèmes à gérer pour rester en vie que de s'apitoyer sur le sort des Juifs. - Et bien, je crois qu'ils ont été déportés dans des camps de travail... Flower à un sourire cynique: - Vous croyez? Rien que ça. Et que pensez-vous qu'on leur faisait faire dans ces fameux camps de travail? Il poursuit directement avec une nouvelle question: - Est-ce que pour vous, les Juifs représentaient un danger pour l'Allemagne? Je me souviens des "leçons" qu'on nous donnait dans les jeunesses. On décrivait les Juifs comme des hommes au nez proéminent et avec de grosses lèvres. Ces caricatures nous faisaient bien rire. On ne se doutait pas de ce qu'on leur faisait subir. On était jeune et naïf et ça faisait bien de rire des plaisanteries douteuses que certains formateurs formulaient à l'égard des Juifs. Je reprends. - Et bien, on nous le disait, et puis souvent les Juifs avaient des commerces ou des entreprises prospères avant la guerre... alors en pleine période récession quand votre père trime comme un fou pour nouer les deux bouts nourrir sa petite famille, on est facilement jaloux et surtout enclin à croire ce qu'on nous racontait au sujet des Juifs. - Si je vous dis: Auschwitz, est-ce que ça vous dit quelque chose? - C'est... je crois que c'est un camp de travail en Pologne. L'intendant tape à toute vitesse sur sa machine à écrire. - Avez-vous assisté à des exécutions sommaires de Juifs? Notamment durant la campagne de Russie. Le transpire, l'horreur de ces images terribles de familles entières massacrées à la MG au bord d'une fosse me reviennent à l'esprit. Je prends ma tête entre mes mains, je respire profondément. - Oui... oui, j'ai assisté à des exécutions sommaires, en Ukraine... en Ukraine en 1941 déjà, il y en a eu pas mal. Je ne sais pas si c'était des Juifs, mais les habitants de villages entiers ont été abattus et enterré dans des fosses... - Et vous-mêmes avez-vous participé à ces exécutions? - De celles dont je vous ai parlées, non, je n'ai jamais dû tirer sur des civils, c'était le travail.. la mission des Einsatzgruppen. Par contre, j'ai... j'ai dû commander des pelotons d'exécution, mais ce n'était que des militaires. Des déserteurs ou des espions communistes. On avait des ordres... vous... vous comprenez... on avait pas le choix. Et puis ce genre de besogne incombaient facilement aux bataillons disciplinaires. Flower ne commente pas mes réponses. Il se contente de poser des questions qui semblent figurer dans un canevas. Il continue. - Que pouvez-nous dire d'autres sur les déportations ou sur des actes violents et répréhensibles sur les Juifs ou les civils russes? Je suis nage, moi qui préconisait à mes hommes d'avoir un comportement le plus digne possible, je constate aujourd'hui qu'il m'est très difficile d'être en règle avec ma conscience. La guerre m'avait permis d'effacer momentanément les souvenirs terribles qui encombraient la mémoire. Mais aujourd'hui, je ne suis pas seulement face à cet officier supérieur anglais, je suis également face à moi-même. Tremblant, je tente d'allumer ma troisième cigarette, Flower me tend son briquet. Je fume nerveusement. Il reprend sa liste de question: - On continue Kowalski? Je me lève d'un bon de ma chaise qui se renverse, l'intendant à déjà la main sur son revolver, mais Flower lui fait signe de ne pas bouger. Je leur tourne le dos, je suis face à la fenêtre, je contiens mes larmes. - Vous n'avez pas idée.... vous n'avez pas idée de ce que j'ai dû voir, de ce que j'ai dû vivre. Je me retourne brusquement. - Vous en voulez des détails Flower, vous en voulez? Et bien je vais vous en donner. Des Juifs, j'en ai vu pas centaines, par milliers et des romanichels aussi et des handicapé mentaux, chargés comme du bétail dans des wagons par centaines, par millier. Et des communistes allemands aussi, ah oui le coup du communiste, c'était la meilleures solution lorsqu'on voulait éliminer quelqu'un qui gênait. On trouvait toujours la trace d'une appartenance franc maçonnique ou communiste et hop vous étiez bon pour un jugement liquidé en 5 minutes et envoyé pour un petit séjour dans un camp de rééducation. Puis un beau matin sans prévenir, on venait vous chercher et on vous envoyait, où à l'échafaud, où au billon, où au poteau selon le truc qu'on vous reprochait. Des femmes jeunes et belles, des vieux qui pouvaient à peine marcher, des gosses qui hurlaient parce qu'on les arrachaient à leur mère, oui Flower j'ai vu tout ça, tient par exemple à la gare de Cracovie en Pologne, mais je ne voulais pas les voir, ni les entendre. Je ne voulais pas croire que l'on puisse traiter des êtres humains comme ça. Alors au fond de ma bonne petite tête de prussien bien discipliné, j'essayais de me donner bonne conscience et alimentant ma haine en m'imaginant des trucs terribles. Tous des salauds qui en voulaient à l'Allemagne et qu'il fallait exécuter sans remord. Et, puis un jour, il y en a eu trop, je me suis révolté et on m'a envoyé à Schleswig. Je rassieds lourdement. Je regarde vers le sol. Flower, impassible reprend. - 6 millions Kowalski, selon nos derniers calculs, vos chefs ont exterminé la bagatelle de 6 millions de Juifs en 5 ans. La plupart gazés dans des chambres spéciales puis les corps brûlés... Je réalise que l'on ne pardonnera jamais au peuple allemand ces terrifiantes exactions. Pendant qu'on enfournait à tour de bras des millions de Juifs, je demandais bêtement à mes hommes de conserver un semblant de dignité. Mais comment a t'on pu sombrer dans une telle sauvagerie. Flower reprend: - Je suis désolé pour ces questions désagréable Kowalski, mais nous sommes obligés de les poser. Si ça peut vous rassurer votre version des faits ne diffère pas d'un iota de celle donnée par de nombreux soldats allemands que nous avons déjà entendu. Il sort une bouteille de whisky et me sert un verre. - Tenez, si ça peut vous aider poursuivre. Je vide le verre d'alcool d'un seul coup. Flower continue son interrogatoire: - Bon... poursuivons. Une question bête mais que l'on m'impose. N'avez-vous jamais voulu réagir, intervenir contre vos supérieurs, les SS? Je secoue la tête: - Mon Dieu Mister Flower. Si je suis là aujourd'hui, c'est essentiellement parce que je me suis révolté. Mais c'était une révolte intérieure dirigée contre les Russes. Si je l'avais extériorisée, j'aurais été jugé et exécuté dans l'heure. Je poursuit en murmurant: - Les gens étaient devenus fous, complètement fou, fou à lier. Mon plus grand effort à la tête de ma division était de veiller à ce que les gars conservent au maximum leurs esprits. On nous a traité... à raison.... de barbares, mais en face les Soviétiques étaient encore plus durs. Ils menaient de petites incursions derrière nos lignes, capturaient un de nos gars et le torturait sous nos yeux, à la fin n'y tenant plus nos tireurs d'élite les descendaient. Et derrière nous, il y avait les SS qui alimentaient notre haine. Quand on chargeait, on tuait tout ce qui portait l'uniforme "rouge", à coup de baïonnettes, de pelles de tranchée, on vidait nos chargeurs dans les tranchées, on brûlait des types au lance flamme dans leur abris, on chargeait en hurlant comme des déments... le Diable devait danser de joie...je crois que même l'enfer de Belzébuth ne pouvait pas être pire, moi je sais ce que c'est, il n'y a rien de pire que les hommes aient fait en Russie ces quatre dernières années. Ca dépasse l'imagination... L'intendant s'est arrêté d'écrire. Flower me contemple silencieusement. Il me sert un nouveau verre de whisky. - Oberleutnant, nous nous rendons bien compte que ce que vous avez vécu est dur. Mais nous ne pouvons guère vous aider. Dorénavant, nous nous en tiendrons aux faits généraux, pas besoin d'entrer dans les détails. Je croise les jambes et m'appuie contre le dossier de la chaise. - Bien... si vous voulez... que voulez-vous savoir? - Votre parcours est assez clair jusqu'à votre arrestation, puis votre passage à Hambourg et finalement votre retour sur le front Est dans l'armée de Manstein. On a encore une trace des premier combat au sud-ouest de Stalingrad, mais ensuite presque plus rien... allez- y je vous écoute. Il me tend une nouvelle cigarette. Je l'allume pensivement et je commence: - Et bien... après la chute de Stalingrad, nous avons battu en retraite. Il y a eu quelques escarmouches avec "Ivan", et enfin, en juin 1943 on nous a stationné dans le secteur de Kursk à Orel.... c'état quelque part au sud-ouest d'Orel. Le soir tombait sur les grandes steppes russes. Il faisait lourd, l'orage menaçait, il faisait lourd aussi dans l'abri ou le colonel Haenig nous donnait les dernières instructions de ce qui allait être la plus grande offensive de chars de toute la guerre. La bataille de Kursk... _________________
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|  | | RTA_Goliat Second Lieutnant


Age : 19 Inscrit le : 24 Avr 2006 Messages : 4044 Localisation : Valence
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mer 17 Oct - 12:36 | |
| J'aime bien l'ellipse que tu as faites mais la fin me fait penser justement que ca serait la fin de l'histoire  _________________ Bande à part...
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|  | | RTA_Oscarbob Major


Age : 95 Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 7346 Localisation : (en bas à droite)
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mer 17 Oct - 12:53 | |
| C'est déroutant au début. _________________ Sic Transit Gloria Mundi
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|  | | 615sqn_harry Wing Commander


Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 5420 Localisation : Al Fayat
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mer 17 Oct - 16:56 | |
| C'est volontaire, d'ailleurs il y aura une suite , faudra bien qu'on parle de la poche de résistance de Zhitomir, de la percée de Korsoun, avec ou sans les bugs graphiques de Volta _________________
 "Jamais dans l'histoire, un si petit nombre d'hommes, n'a tenu entre ses mains le destin d'un si grand nombre" W. Churchill |
|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 19 Oct - 2:04 | |
| Nous étions maintenant depuis plus de 48 heures dans cette fichue forêt. J'avais dit 24 heures et sans nouvelles, nous faisions demi-tour. Le problème, c'est que des nouvelles nous en avons eu. Kiev avait répondu. - Nous tenons la ville... pour l'instant vous ne bougez pas. Renforts arrivent. Attendez les ordres. Et c'est tout. Nous attendons maintenant par des températures absolument délirantes, dans une forêt, coincés entre Zihtomir et Kiev, quelque part dans la campagne russe. Je ne quittais bientôt plus le local radio. J'étais d'une humeur absolument massacrante. Engueulant le pauvre Perheer: - Nom de Dieu Perheer, vous n'entendez pas ce que cette foutue génératrice s'est à nouveau arrêtée, mais sacré bon sacré bon sang! Foutez-moi le camp la remettre en marche immédiatement espèce d'incapable! Je quittais l'abri en tempêtant de plus belle. - Willsdorff! A moi! Le jeune Leutnant s'approcha en courant. J'étais rarement comme ça, mais quand je l'étais, mes subordonnés filaient droits. - Leutnant, vous êtes responsable de la cuisine non? Il balbutie: - Heu oui... il y a un problème? - S'il y a un problème? Oui il y en a un. Je vais botter le cul moi-même à cette imbécile de Kupferschmied s'il ne s'évertue pas dans l'heure qui suit à camoufler correctement ses putains de cheminées. Sa soupe pue à au moins 100 mètres à la ronde! Je ne sais pas ce qu'il cherche à faire, mais si son intention est d'inviter Ivan à bouffer avec nous, c'est réussi. Filez au trot régler ça immédiatement. Alors que d'un pas rageur je rejoins mon Stug. J'entends Willsdorff mettre une engueulée mémorable à Kupferschmied et à son équipe de cuisine. Ils n'aiment pas que je les engueule, mes gars alors comme ils n'osent pas me répondre, ils passent leur colère sur un pauvre subordonné. Lorsque l'orage gronde, on m'évite. Alors que d'habitude les chefs de chars discutent jovialement et sans la moindre gêne avec moi, là je les vois à peine lever la tête à mon passage. Je réfléchis, je sais que les types de mon unité n'y peuvent rien, il faut que je me calme. Ma mauvaise humeur associée au froid et aux conditions infernales de notre campement rend les soldats nerveux. J'arrive enfin au Stug. Volta et Julius ont creusé un abri juste à côté du tank. Ils ont installé leurs lits de camp sur lesquelles une bonne dizaine de couvertures piquées à Zihtomir les maintiennent du froid. Je m'assieds lourdement sur un billon. Julius qui souffle doucement sur sa gamelle de soupe m'interpelle: - Faut vous calmer Oberleutnant. Je sais que ça ne me regarde pas, mais je vous dis moi que votre mauvaise humeur est communicative et que ce n'est pas bon pour le moral de nos troupes. Au fait, vous êtes passé voir les blessés? Je fume nerveusement. - Non... Non je ne suis pas allé voir les blessés. Me fait pas chier avec tes commentaires Julius, même si tu as raison, ça m'énerve encore plus. Il vous reste du café? Julius et Volta sourient, ils me connaissent trop bien pour savoir que lorsque je leur demande du café, c'est que je suis entrain de me tranquilliser. Volta lève une des couvertures qui le recouvre et il en extirpe une cafetière fumante. - Tiens. Il me tend une tasse en acier émaillé. Pendant que je bois doucement l'abjecte boisson brûlante. Volta poursuit: - Tu sais ce qu'il nous manque? Et bien moi je vais vous le dire ce qui nous manque. C'est de l'action. Ca fait trop longtemps qu'on a plus eu un beau champ de bataille où on peut péter du T34. Depuis notre passage sur la ligne de front dans le secteur de Kriorog, on a plus combattu. On a fait que se déplacer à droite et à gauche. Tout ça c'est bien beau, mais un soldat s'est fait pour se battre et lorsqu'il n'a pas sa dose de combats, son attention tombe, il somnole et il devient vulnérable et c'est ce que nous sommes entrain de devenir. Des chiffes molles! Il n'a pas tout tord Volta, mais enfin notre pause à Zihtomir a été plutôt bénéfique. Julius reprend: - Je ne suis pas souvent d'accord avec Volta, mais sur ce coup, il a raison, notre pseudo permission à Zihtomir a été trop longue. Les gars ont commencé de réfléchir, de penser à leur famille et à tout ça. C'est pas bon. Le moral des troupes est en rade. Je me lève brusquement et tends la tasse vide à Volta. - Vous avez raison les gars. Mais pour le moment les ordres sont d'attendre alors on attend. Bon je vais voir les blessés et ensuite je vais organiser deux patrouilles de reconnaissance. A tout à l'heure. Sous le regard un peu étonné de mes deux coéquipiers, je quitte l'abri pour l'hôpital de campagne. Lorsqu'il me voit le docteur Knoll, probablement mis au courant de mon humeur massacrante, croit bon nécessaire de me faire une annonce réglementaire. - C'est bon Knoll, c'est bon. Alors comment vos blessés? Il m'accompagne dans son hôpital rudimentaire. Plutôt que de monter la tente réglementaire, ils ont simplement recouvert une large dépression dans le sol de rondins et de toile cirée pour les rendre étanches. Ils ont installé une dizaine de petits fourneaux dans lesquels brûlent des foyers. La température plus clémente dans le lieu a transformé le sol en bourbier. Sur des brancards fixés sur des pieds, ils y a là 8 blessés. La plupart ont été victimes de gelures. Trois ont été amputés d'un pied, deux de doigts ou d'une main. Je discute deux trois mots avec chacun d'entre eux, mais l'odeur d'éther et doucereuse de chair en décomposition me donnent la nausée et je ne suis pas mécontent de quitter l'endroit après une dernière poignée de main avec Knoll. Je retourne au local radio qui nous sert de QG. Je demande à Kilh, Golgoth et Willsdorff de me rejoindre. J'ouvre la carte sur la petite table. - Bon les gars, d'après nos derniers calculs nous sommes ici, dans ce secteur, soit à environ 90 kilomètres environ de Kiev. J'aimerai organiser une patrouille de reconnaissance plus au Nord où je redoute une percée russe qui pourrait tenter de prendre en tenaille nos troupes tenant Kiev. Ensuite, j'aimerais une deuxième patrouille qui elle filera vers le sud puis l'Est, afin de déterminer si de ce côté il n'y a pas de mouvements non plus. Même s'il est peu probable que les Soviétiques descendent si bas, nous irons quand même nous en assurer. Kilh s'avance: - Mes hommes commencent de se rouiller Oberleutnant, permettez-moi d'organiser ses deux patrouilles. Je replie la carte soigneusement. - Merci Kilh, je n'en attendais pas moins de vous. Je pars avec vous sur la patrouille Nord avec un chenillé. Vous choisirez deux hommes pour nous accompagner. Will, toi de ton côté tu pars avec quatre gars au Sud, on marche un jour maximum. Ensuite on fait demi-tour et on revient ici faire le point. Cela veut dire que dans 48 heures, si tout va bien, maximum 56 heures, nous serons de retour. Pendant notre absence, Golgoth tu prends le commandement de la compagnie et tu tiens prêt à faire mouvement selon les indications que Will ou moi te donnerons éventuellement. Ma décision occasionne un peu de remue ménage dans le camp, mais une demi-heure plus tard, les deux véhicules chenillés quittaient le bois où nous étions stationnés. Kilh avait choisi le Feldwebel Bhaub et l'Unteroffizier Vylsain pour nous accompagner. Alors qu'au loin s'efface le véhicule mené par Willsdorff, nous prenons un cap Nord Est. _________________

Dernière édition par le Ven 19 Oct - 2:05, édité 1 fois |
|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 19 Oct - 2:05 | |
| Dans le chenillé, personne ne parle. Vylsain est aux commandes et mènent l'engin adroitement sur la neige gelée. Nous roulons ainsi deux heures de temps sans voir autre chose qu'une étendue blanche et immaculée. Sur la banquette arrière Kilh note les caps que nous prenons. La fin de l'après midi approche et le soleil d'hiver décore le ciel d'un patchwork de couleurs tirant du rouge au jaune. Oscar Bhaub qui n'a encore rien dit de l'après midi parle enfin: - C'est beau... Vylsain, toujours aux commandes dit à son tour: - Oui... c'est beau. Décidément vraiment pas très bavards nos deux fantassins. Je les observe du coin de l'œil. le contraste entre les deux est assez surprenant. D'un côté il y a Bhaub, toujours fidèle à la tenue réglementaire, réglementaire jusqu'au port de sa MP40 et de l'autre, il y a l'Unteroffizier Vylsain, dont l'accoutrement est complètement opposé à celui de son camarade de combat. Il a vêtu la tenue complète d'hiver des soldats russes dont il a quand même eut la décence de retirer les parements et il a toujours avec lui sa fidèle PPSH. Deux soldats qui pourtant, s'entendent à merveille. Je dois dire que le régiment de Kilh m'impressionne, car malgré l'indiscipline notoire qui y règne, les gars sont très soudés entre eux et il y a très peu de bagarres et d'altercations entre les hommes qui composent ce régiment. Au loin, une colline se profile. J'interpelle Vylsain. - Vous vous arrêterez au pied de cette colline Vylsain. Kilh, vous viendrez avec moi jusque là haut, on devrait avoir une bonne visibilité, qu'en pensez-vous? Il acquiesce. - Oui. On mettra les skis de fond, j'en ai pris 4 paires au cas ou. Lentement pour économiser nos forces dans ce froid polaire. Nous fixons nos skis et revêtons nos combinaisons blanches. Je sangle ma MP40 serrée au corps ainsi qu'un sac de toile contenant quelques affaires de rechange et un peu de nourriture. Nous avons une boussole fixée au poignet. Des lunettes spéciales protègent nos yeux et un masque recouvre notre visage. J'interroge Kilh du regard. Il me fait signe du pouce. Et c'est parti. Sans un mot, nous filons à bon rythme vers la colline qui est encore assez éloignée. Nos skis nous permettent d'avance assez rapidement. Les semelles de bois laqué crissent sur la neige glacée. Le chenillés n'est bientôt plus qu'un petit point à l'horizon. A chaque changement de cap, je m'arrête et note le temps mis pour parcourir le trajet et le cap. Kilh fait de même, précaution élémentaire au cas où nous nous perdions de vue. Nous arrivons enfin au pied de la colline. Nous faisons une pause. A l'Ouest, le soleil commence déjà de descendre vers l'horizon. Nous soufflons un peu. Kilh consulte sa montre. - 16h12 Kowalski. Il ne faudra pas traîner si nous voulons rentrer avant la nuit qui va tomber vers 18h00. Nous avons mis presque une heure pour faire le trajet, Ca ne nous laisse pas beaucoup de temps pour grimper la colline et faire notre observation. A l'Est, il y a de gros nuages gris qui s'amoncellent. Nous les voyons tous les deux et savons ce qu'ils signifient, mais aucun d'entre-nous ne fait de commentaire. Nous attaquons l'ascension en effectuant de petits pas en "V" pour empêcher nos skis de glisser en arrière. Derrière le masque, l'air parvient pas trop froid à nos poumons. Nous respirons en cadence, le sommet est à moins de 100 mètres. Le dernier bout est effacé en quelques minutes. Je choisi un rocher pour m'appuyer et mes jumelles en mains j'observe la plaine qui s'étend devant moi. Celle-ci est partagée en son centre par une rivière gelée. Un peu plus à l'Est, nous apercevons un village. A mes côtés Kilh murmure: - Tu vois le village là bas? - Oui... - Tu ne remarque pas du mouvement? Il me semble que je vois des trucs bouger là-bas... Nos deux paires de jumelles se fixent sur la bourgade. J'observe attentivement et ... ça y est, je remarque quelque chose. C'est blanc, c'est pour cela que j'ai de la peine à distinguer l'objet. Il n'y en a d'ailleurs pas qu'un. Maintenant, que notre cœur bat à une cadence normale, nous arrivons à voir plus clair. Notre vue se dégage. - Quatre... non il y en a moins dix... T34 et des T60 aussi. Regarde! Nos yeux sont maintenant accrochés au village et à ses alentours. Kilh prend des notes pendant que je lui dicte ce que je repère. - Des camions, une cinquantaine au moins... stationnés au Nord Ouest du village... des citernes aussi, il doit s'agir d'un point de ravitaillement. Des chars se mettent en mouvement, une trentaine de tanks des T34 et des T60...cap... je dirais 40/50° Nord -Est, probablement qu'ils vont vers Kiev. il y a des transports de troupes, tu sais des engins Américains. Kilh demande: - Chenillés? - Oui, le train arrière. Il note machinalement: - M16, 18 hommes par véhicule avec le chauffeur et le mitrailleur, combien? J'essaye de distinguer quelque chose de précis. Mais c'est difficile, mes yeux commencent de se fatiguer. Je dois à plusieurs reprises baisser les lunettes et fermer les yeux. Je poursuis: - Disons... une trentaine aussi... même cap que les chars, direction Kiev... non attend, ils tournent dans le village... bizarre, qu'est-ce qu'ils foutent??? Ah oui, ils se mettent en colonne avec les chars, les chars devant, les transports derrière. Ca y est, ils quittent le village... nouveau cap Sud, Sud/Est. Kilh s'inquiète: - Dit-donc, c'est pas contre nous ça? Je le rassure: - Non plus à l'Est... bon ce n'est pas bon non plus, s'ils continuent comme ça il vont tomber sur notre Blitz. Allez foutons le camp. Nous nous équipons rapidement. La descente de la colline est avalée en moins de deux minutes. Skieur depuis ma tendre enfance, j'éprouve un grand plaisir à effectuer quelques élégantes arabesques et laisser dans la neige fraîche de grandes traces en "S". Arrivés au bas de la pente, nous nous regardons avec petit sourire. Kilh aussi maîtrise visiblement la glisse. - Sympa cette descente hein? Nous rigolons de ces quelques émotions sympathiques. - Oui, il y a bien longtemps que je n'avais plus éprouvé ce plaisir. Alors que nous nous mettions en route en suivant nos traces, il m'explique que sa mère est autrichienne et qu'il a eut l'occasion de souvent skier par le passé lors de vacances dans la région d'Innsbruck. Alors que nous avançons à bon rythme, la nuit tombe de plus en plus et pour couronner le tout, le plafond descend également. Les premiers flocons ne tardent pas à tomber. Nous accélérons le rythme. Régulièrement, Nous regardons nos notes. Malheureusement, pris dans notre discussion, nous avons oublié de calculer le temps. L'inquiétude s'installe. Kilh qui a encore accéléré dit entre deux nuages de buée. - Il nous faut retrouver le prochain changement de cap avant que la neige ne recouvre nos traces. Après on pourra partir sur un truc sûr. Je regarde ma montre, nous devons être à moins d'une demi-heure du véhicule. Sans doute encore moins, car nous avons été beaucoup plus rapides que pour l'aller. Mais la neige tombe de plus en plus fortement et ce que nous redoutions le plus, survient. La neige recouvre nos traces avant d'avoir pu trouver un changement de cap. Heureusement, le vent est léger et la température est remontée à - 15, il fait presque chaud et nous retirons nos masques. Nous continuons comme ça encore quelques centaines de mètres les yeux rivés sur nos boussoles. Kilh tempête. - Mais quels cons on peut faire, mais c'est pas vrai. C'est un truc élémentaire, je me botterai le cul tout seul si je le pouvais. Nous tendons l'oreille, attentif éventuellement au bruit d'un moteur, celui du véhicule chenillé, mais au travers du mur de neige rien ne perçoit. Tout ce qu'on entend, c'est le crissement ouaté de nos skis sur la neige. Kilh, visiblement inquiet me regarde: - Qu'est-ce qu'on fait? J'hésite. - Et tes gars... ils sont fiables? Qu'est-ce qu'ils vont faire. Ficher le camp sans nous ou nous attendre? - Si j'ai pris avec moi Bhaub et Vylsain, c'est parce que se sont des fidèles parmi les fidèles. Ils attendront, c'est garanti. Ils passeront la nuit dans le véhicule et se mettront en route demain pour nous chercher. La nuit est pratiquement tombée. Je tâte dans le sac de toile le pistolet lance fusées. Kilh me regarde inquiet. - C'est terrible, ils sont probablement à quelques centaines de mètres, mais si nous utilisons ce machin et que la colonne ennemie que nous avons aperçue tout à l'heure est dans le secteur. on risque gros. - Oui, mais on ne peut pas passer la nuit ici, on va mourir gelé. Il reste deux solutions, je tire une fusée de détresse très bas pour éviter qu'elle ne soit visible trop loin ou nous creusons un trou dans la neige et nous montons un igloo pour la nuit. Faut qu'on se décide très vite. Kilh hésite deux seconde. - Vas-y tire cette foutue fusée et que Dieu nous protège. Je saisi le pistolet, nerveusement, j'arme le chien. Je jette un oeil à ma boussole, vise vers le cap où logiquement devraient se trouver le chenillé. Le claquement sec du départ du coup est étouffé par la neige. La fusée, tirée à un angle très bas, file vers le ciel et disparaît presque instantanément dans la nuit. Nous attendons, tous nos sens aux aguets, le visage balayé par les flocons. Malgré le froid nous avons retiré nos capuchons et nos bonnets afin d'avoir les oreilles complètement dégagées. Deux minutes se passent ainsi, une éternité, mais rien par le moindre bruit. Je m'agenouille et commence de creuser. - C'est foutu, ils n'ont pas vu la fusée, de toute façon, on l'a perdu de vue à moins de 20 mètres, c'était une connerie. Allez Kilh vas-y creuse! Notre salut est là sous nos pieds. On va le faire ce putain d'igloo. Sans un mot mon camarade d'infortune se met à creuser à son tour. Loin dans la nuit, on l'a entendu. A peine perceptible et pourtant, instantanément nous avons levé la tête. Je murmure essoufflé. - T'as entendu? T'as entendu comme moi? - Ouai, arme légère, 9mm. Les sens aux aguets, nous nous sommes instantanément levé. Nouveau coup de feu au loin. - P38! Je dits. - Non, Luger, c'est le Luger à Bhaub, il a un pistolet de ce type. Je sors mon P38 de la gaine et je tire un coup de feu en l'air. Nouveau coup de feu en réponse. - Ca vient de notre gauche. Allons-y! Prestement, nous remettons nos skis. Nous avançons à l'aveugle dans la direction présumée du coup de feu. Après deux minutes, je tire un nouveau coup de feu en l'air. C'est affreux, mon P38 qui sonne si sec d'habitude! J'ai l'impression de tirer dans un matelas ou un coussin. Mais au loin on a entendu la détonation. Nouveau coup de feu. On continue. Kilh voudrait accélérer, mais je le retiens. - Attention, ne va pas trop vite, faut qu'on reste ensemble. Il est à deux mètres maximum de moi et je ne le vois presque pas. Nouveau coup de pistolet. - C'est tout proche! HEEE Bauhb tu nous entends! La voix de Kilh est étouffée, pourtant il a crié de tous ses poumons. Nous nous arrêtons quelques secondes. Ca y est, une voix est perceptible. - Par ici! Merde, mais c'est tout près. - On est là! La voix de notre camarade Oskar Bhaub car c'est bien lui, se fait à nouveaux entendre. Il répète plusieurs fois "Par ici" pour nous diriger. Nous le repérons enfin lorsqu'il est presque devant nous. Accolades de joies. Le Feldwebel s'est attaché à une longue corde qui le relie au véhicule, nous le suivons encore sur une cinquantaine de mètres et enfin nous touchons le Graal sous la forme du Blitz chenillé. Nous jetons nos skis à l'arrière et nous nous empressons de rejoindre la cabine que Vylsain a maintenue en température en laissant le moteur tourner. Il nous interpelle. - Mais bon sang, qu'est-ce que vous avez foutu, j'ai bien cru que j'allais devoir passer la nuit tout seul ici. Nous dégustons avec délectation la soupe chaude que nous sert le jeune Unteroffizier. Kilh donne une tape amicale sur l'épaule de Bhaub. - Je savais que je pouvais compter sur vous Oskar. Merci. Le Feldwebel était redevenu fidèle à son image taciturne et fermée. Il ne répond rien à Kilh. Au volant, Vylsain s'impatiente. - Bon qu'est-ce qu'ont fait? Je réponds instantanément et sans hésitation: - Vous avez noté les caps pour venir jusqu'ici? Le Feldwebel Bhaub a l'air contrarié. - Naturellement que nous l'avons fait. - Bien alors Unteroffizier Vylsain, on roule. Allez-y à mi-vitesse, de toute façon, ce foutu pays est plat comme une assiette, tout ce qu'on risque c'est de percuter un T34. Pendant que le chenillé se met en route. Kilh et moi reportons nos observations sur la carte. Pensivement, nous regardons le report du cap pris par la colonne russe. il n'y a qu'un but sur un cap comme ça, un but que nous connaissons bien; Zihtomir. _________________
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|  | | F/JG300_Tempest Major LW


Age : 26 Inscrit le : 02 Nov 2005 Messages : 6300 Localisation : Paris - France
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mar 30 Oct - 14:32 | |
| quelle histoire! Mais qu'est ce que nous allons devenir!!! _________________ "L'ambition individuelle est une passion enfantine." Charles de Gaulle
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|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 2 Nov - 19:06 | |
| Vers 0600 du matin, le soleil qui se couche tard et se lève tôt sous ces latitudes fait son apparition, Vers 0300, Vylsain avait arrêté sa marche car selon nos calculs nous devions être à proximité du camp. Le petit sous-officier nous avait parfaitement dirigé, et la forêt abritant ma compagnie était juste là à quelques centaines de mètres sur notre gauche. Une épaisse couche de glace recouvrait les fenêtres de notre engin, à l'extérieur comme à l'intérieur. Avant d'effectuer le dernier bout, le Feldwebel Bhaub avait quitté l'habitacle et au moyen d'un petit pic, s'employait à faire tomber des gouttières du toit de longues stalactites de glace bleue. Au loin le soleil levant inondait la campagne d'une lumière bleue et glaciale, le thermomètre indique -48°. Méthodiquement, Oskar débarrasse notre véhicule de son onguent de glace. Vylsain qui avait arrêté le moteur pour économiser le carburant qui commence de se faire rare, s'emploie à chauffer le réservoir à mazout, la pompe et les conduites de carburant au moyen d'un brûleur à gaz. Après 20 minutes, le moteur démarre au premier coup. Clin d'œil du sous-officier. - Quand on sait parler à la mécanique, elle ne vous lâche jamais. De sa main gantée d'un énorme moufle, il donne deux petites tapes amicales sur le tableau de bord givré. Grelottant à qui mieux mieux, Kilh et moi sommes recroquevillés à l'arrière sous un tas de couvertures. Nos habits mouillés ne nous aident pas à nous réchauffer. Vingt minutes plus tard, nous rejoignions enfin le campement. Abrutis par la fatigue et les émotions Kilh et moi retrouvions avec bonheur le quartier général assez bien chauffé par deux poêles en fonte de campagne. Golgoth, l'équipe de Willsdorff était revenue le soir avant, il avait pu faire demi-tour assez rapidement car sur le chemin, il nous expliquait avoir eu la surprise de rencontrer la 1. SS Panzer Division "Leibstandarte SS Adolf Hitler" commandée par le Michael Wittmann. A ces mots plusieurs d'entre-nous font une grimace. Willsdorff continue. - J'ai été assez surpris de l'accueil de la division de Wittmann, il n'a en tout cas fait aucune allusion déplacée nous concernant. Je lui ai expliqué d'où nous venions et la raison de notre reconnaissance. Il m'a répondu que sa division allait direction Zhitomir car il y avait plusieurs information comme quoi des colonnes ennemies avaient contourné Kiev et faisaient route vers Zhitomir. Il nous a donné rendez-vous au Nord Est de Zhitomir... Il montre sur la carte un point. - ... Il y a un village à cet endroit et veut attendre les Communistes à cet endroit pour les prendre à revers une fois qu'ils nous aurons dépassé pour prendre Zhitomir en tenaille. Je suis cynique: - Hum... c'est joliment manœuvré pour nous donner l'ordre de le rejoindre. Enfin, ça nous change des relations habituelles que nous avons avec les SS, bon, avec ce que nous avons vu hier avec Kilh c'est effectivement notre intention. J'indique à mon tour sur la carte l'endroit d'où est partie la colonne russe et le cap qu'elle a pris. - Zhitomir... je vois mal une autre destination dans ce coin. C'est la ville la plus importante, et elle avait été le théâtre de combats très violents lors de sa prise en 1942. Je pense que les Russes veulent laver l'affront, comme ils l'on fait à Stalingrad et à Orel. Golgoth qui jusque là était resté silencieusement, tirait rêveusement sur sa courte pipe. - En général les opérations de ce genre sont confiées aux unités de la Garde, l'élite de l'armée rouge... les combats risques d'être très durs. Je refermais la carte. - Oui, les combats risquent d'être chaud. Mais vu la température je pense que personne ne s'en plaindra. Rire dans l'assistance. Je relance Willsdorff au sujet de ces contacts avec la division de Wittmann. - Tu te souviens de combien de chars est composée cette unité Will? - Ils avaient 6 chars lourds "Tigre" et il y avait également une dizaine de "IV" mais qui devaient provenir d'une autre division. Les unités de maintenance qui vont avec les accompagnaient. Je regarde ma montre. - Bien, les gars, départ dans 30 minutes. Allez hop au trot. Depuis notre départ de Zhitomir notre division comptait cinq chars lourds soit trois "Tigres" et deux "Panther" commandés par Golgoth. Le Panther portant le code 122 était commandé par Tafner. Nous avions encore douze chars légers des PzIV J et H et deux Stug III, dont le mien. Le régiment de Kilh comptait maintenant environ 300 hommes et 8 batteries antichars toutes tractées par des chenillés. Quelques centaines de mètres après avoir quitté la forêt qui nous offrait son abri, je me retournais et constatait que notre colonne était loin d'être ridicule. Le soleil brillait et pour la première fois depuis plusieurs jours la température dépassait les 0°. J'étais fier d'être à la tête de cette armée, un sentiment qui ne m'avait plus habité depuis bien longtemps. Au fond de moi-même, je me disais. - Tous les gars qui sont là sont presque tous des vétérans... si avec ça on ne met une pâtée aux ruskov... Midi, le soleil est au zénith. Pas de pause, nous mangeons dans les véhicules. Sur ces larges chenilles le Stug évolue avec une aisance déconcertante et régulièrement Volta doit baisser la puissance pour ne pas distancer le reste de la compagnie. Vers 1530, nous retrouvons le paysage légèrement vallonné de la région de Zhitomir, j'estime que nous sommes à environ 40 kilomètres du point de rendez-vous et comme je n'ai pas envie de tomber nez à nez avec une colonne ennemie. Je demande à Kilh d'effectuer une reconnaissance sur les crêtes des collines qui nous entourent. Pendant que nous évoluons au pas, le chenillé de commandement nous devance. - De reco 1 à tête de colonne vous m'entendez? C'est la voix du Leutnant Kilh. Il a parlé sur le poste en ondes courtes que nous utilisons en combat lorsque nous ne sommes pas très éloignés l'un de l'autre. S'il a utilisé ce canal, c'est qu'il a quelque chose d'important à nous annoncer car les Russes pour le moment ne peuvent pas encore capter cette fréquence. Le ton est tendu. Julius notre radio répond. - Nous vous recevons for et clair reco 1 - J'ai devant moi... 3 kilomètres au Nord Est cap 70... nombreuses unités ennemies... estimation à environ trente chars ennemis avec nombreuses unités d'infanterie et logistiques. Ca y est, on retrouvé la colonne vue avec Kilh il y a deux jours. Je demande à la colonne de s'arrêter. Je descend dans l'habitacle et prend le micro des mains de Julius. - Bien reçu reco 1. Donnez position canons ennemis par rapport à position colonne! Indiquez si ennemi au repos ou prêt pour offensive. La réponse ne tarde pas. - Tanks ennemis identifiés, T34, T60 et canons automoteurs. Cap tourelle Sud. Unités ennemies en attente. Dans ma tête les choses vont vites. Je demande encore la configuration du terrain. Ivan s'est installé au pied de la colline où se trouve Kilh et ses hommes. Je demande un rassemblement urgent de l'état-major, je demande au Feldwebel Bhaub qui remplace Kilh en son absence de nous rejoindre. Une fois tout le monde réuni, je les informe de la situation. - Les gars, l'occasion est trop belle, vu la position d'attente de cette unité ennemie, les Soviétiques ne s'attendent visiblement pas à une attaque par l'arrière ou par les flancs. Voilà comme nous allons procéder. Bhaub, vous mettez en batterie les 8 pièces antichars dans le goulet ici à l'Ouest de la position. Golgoth avec tes chars lourds, tu contournes la colline par l'Est, tu auras avec toi cents des hommes les moins expérimentés du régiment de Kilh, leur tâche sera de vous protéger des attaques de sapeur ou de fusils antichars ennemis. Kilh apparaît essoufflé. - J'ai laissé deux hommes là hauts ils continuent d'observer les mouvements ennemis. Rien à signaler pour le moment, je pense qu'on devrait profiter de l'opportunité, ils n'ont pas l'air très attentifs... Je reprends: merci Kilh beau boulot, c'est bien mon intention. Continuons, Willsdorff et moi, passeront par-dessus la colline, Kilh m'a confirmé que ça devait passer et que la pente de l'autre côté ne devrait pas nous surprendre. Il acquiesce en hochant de la tête. - Il y juste à droite de notre position à environ 150 mètres quelques rochers, mais sinon la pente est légère, il n'y aura aucun problème. Je poursuis: - Bien ceci étant dit, le but pour Will et moi, est de foncer au milieu de la colonne ennemie pour foutre la pagaille. Au même moment les "Tigre" et les "Panther" de Golgoth entreront dans la danse. Le solde du régiment de Kilh sera avec nous et dès que les blindés seront neutralisés, ils finiront le boulot. Si des véhicules arrivent à s'échapper par le goulet, les batteries antichars les cueilleront au passage. Ca marche comme ça ? Bien accordons nos montres... on y va. Pendant que les camions des artilleurs filent vers leur position avec Bhaub, les chars de Golgoth se mettent en branle vers l'Est. De notre côté, chaque équipage se prépare nerveusement. Dans le Stug, le rituel s'est mis en route. Julius vérifie les trappes d'évacuation, la radio et nos paquetages avec nos armes personnelles. Il prépare les obus de 75 ouvre les trappes des logements de munitions afin de perdre le moins de temps possible au chargement, d'un geste agile et souple, il extirpe le premier obus de la lourde culasse, et le recouvre d'une fine pellicule de graisse. Ensuite, rapidement, il passe un coup d'écouvillon dans le canon. De son côté, Volta fait le tour du char et vérifie que tout soit en ordre, au moyen d'une barre à mine, il brise la glace qu'il s'est accumulée entre les roues et les galets. Il maugrée. - Et bien nous verrons si notre modification vaut quelque chose au combat... Alors qu'en quelques minutes les canons antichars étaient mis en position, il fallut vingt bonne minutes pour que l'annonce tant attendue résonne enfin dans nos écouteurs. - Section 2 en position. Je me redresse dans ma tourelle. je regarde à gauche et à droite. Les commandants de chars ont leur regard fixé sur moi. Je lève la main et je donne l'ordre de mise en route. Dans un grondement terrible, les 12 tanks se mettent en mouvement. _________________
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|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 2 Nov - 19:07 | |
| Les mains posées sur le bord de l'écoutille, j'ai soudainement un doute terrible. Et si les Russes nous avaient repéré et qu'ils nous attendent gentiment prêts à nous allumer de toutes leurs pièces? Pas le temps de tergiverser. J'interpelle Julius. - Passe sur le canal général et essaye d'aviser Wittmann que nous attaquons une colonne ennemie au Sud Est de Zihtomir. Quelques minutes plus tard, le radio de la division en question nous signalait qu'il avait entendu le message et concluait par un "Bonne chance!" Derrière nous, peinant dans la neige, les Kfz commence de gravir la colline. Devant moi se dresse la crête encore vingt mètres. Ce n'est pas possible, Ivan a dû nous entendre maintenant, pendant que notre Stug sur ses nouvelles chenilles grimpe allégrement, derrière les PzIV et le deuxième Stug sont à la peine, La neige fraîche porte mal, je suis tendu, j'espère qu'ils arriveront en haut. Lentement mais sûrement, ils me rejoignent. Encore 10 mètres, 5... ça y est le sommet est franchi, le tank bascule en avant et entame sa descente, là bas, à environ 3 kilomètres apparaît la colonne russe, la gorge serrée, j'essaye de voir quelque chose dans mes jumelles, mais je suis trop secoué. Alors qu'emporté par son poids un "IV" me double par la droite, je referme l'écoutille sur moi. Lentement, Julius informe le reste de la compagnie de notre progression. Nous arrivons au pied de la colline, derrière moi la section s'est un peu clairsemée. Pas grave ça suit! Il est temps que je vois à quoi ressemble ces russes. Volta immobilise le Stug dans l'axe. Dans mon périscope, je vois les T34, je vois aussi des soldats russes qui courent dans tous les sens, il y en a un qui lance ce qui doit être une tasse à café. je place le viseur au milieu des véhicules collés l'un à l'autre. Ils sont fous ces Russes, si un avion passe, il détruit la colonne en une passe. Le 75 crache son obus là bas à 800 mètres, quelque chose explose. Julius recharge. On entend que la douille qui tombe sur le plancher et la culasse qui se referme. A côté de nous, les autres tanks sont également en position de tir et bientôt un déluge de feu s'abat sur les véhicules et les chars soviétiques. Nous sommes légèrement en surplomb et je peux parfaitement voir ce qui se passe. Deux T34 s'écartent vers l'Est. Je saisi le microphone. - Section 1... attention! Deux bandits roulent vers votre position! - Vu Section 2. Nous les prenons en cible. Bientôt tout là bas au fond de la vallée deux carcasses de T34 brûlent. Je reprends le microphone. - Section 1 en avant, approchez-vous! Kilh, c'est à toi, en avant! Les Kfz nous dépassent. - Section 2 en avant! Volta met en marche. Mes écouteurs grésillent. - Attention cinq T34 en position au Sud, ils font route vers l'Ouest! Froidement j'informe Bhaub de la situation. Sa voix répond. - Compris! Je me demandais si vous alliez nous en laisser... Notre Stug est à moins de 300 mètres maintenant. Dans le périscope je vois les gars de Kilh foncer au travers des véhicules et des chars ennemis. Les MP crépitent, Kilh se précipite son P38 à bout de bras. Un soldat russe se lève baïonnette au canon. Je frémis, mais le jeune Leutnant est plus prompt, à moins de 5 mètres le P38 claque deux fois, le russe s'effondre. Du côté des Communistes c'est la panique complète. Je réalise qu'il n'y aura pas de prisonniers. Les fuyards sont impitoyablement abattus. Dans mon casque, la voix de Bhaub retenti: - Chars ennemis en vue... cinq T34... tous détruits! Volta immobilise le Stug à proximité des Zis en feu. J'empoigne ma MP40 et je saute du tank. Sur ma droite le Stabfeldwebel Archy a mis en batterie sa MG42, le dernier nid de résistance que les Russes avaient mis en place en catastrophe est réduit au silence. J'avance prudemment entre les carcasses, il y a des cadavres partout, quelques uniformes de la Heer, mais presque que des tenues blanches russes. Un juron en russe me fait sursauter, je me retourne, un soldat ennemi se déhanchant comme un pantin essaye de s'approcher de moi. Péniblement, il tient une mitraillette de sa main valide qu'il essaye de redresser vers moi, il lui manque le bras et la jambe gauche. La MP 40 crépite et le pauvre hère s'effondre. Il n'est plus qu'un petit tas de chair sanguinolente. Je détourne mon regard de cette vision affreuse et continue. Ca et là des bruits d'armes automatiques résonnent et des derniers soldats soviétiques sont tous abattus. Les 5 chars lourds menés par Golgoth et les unités d'infanterie qui l'accompagnaient s'immobilisent vers nous. Kilh me rejoins. Il a les yeux exorbités, le souffle court, ses mains tremblent. - Mission terminée Oberleutnant... j'ai quelques pertes, mais il n'y a plus un Russe de vivant. Que fait-on? On enterre? Je regarde le soleil encore haut. Si les Russes ont eu le temps de signaler par radio l'attaque, l'aviation risque de nous tomber dessus. - Vous avez maximum 10 minutes pour ranger toute cette merde Kilh après tant pis pour les autres, les corbeaux et les loups s'en chargeront. Je ne peux pas prendre le risque de me faire surprendre par l'aviation. Il obtempère et les ordres fusent rapidement. Je rejoins le Stug. - Julius informe Wittman que la colonne ennemie est entièrement détruite. Pendant qu'il s'installe devant son poste, il murmure. - 500 hommes tués en moins de 10 minutes... Je ne réponds pas et quitte une nouvelle fois le char. Willsdorff me retrouve. - Sympathique boucherie n'est-ce pas chef? Je regarde les chars ennemis détruits. Ils ne portent pas l'insigne typique des unités de la garde. J'interpelle Will. - On a trouvé quelque chose sur les origines de cette colonne? - Non, pas encore, mais je crois avoir entendu Kilh partir à la recherche du véhicule de commandement. Si nos canons ne l'ont pas réduit en miette, on devrait trouver quelque chose. Effectivement, quelques minutes plus tard, Kilh apparaît avec une liasse de papier. - Si tu arrives à lire le cyrillique... Julius qui a appris sur le tas à décrypter cet alphabet particulier nous indique juste qu'il s'agissait d'une colonne blindée dépendant de la 5ème brigade de char, secteur Kiev. - Mouai on ne va pas aller loin avec ça. Bon tout le monde aux véhicules, on continue vers la division de Wittmann. Julius tu les a informés du résultat de notre intervention? - Naturellement chef. Il te félicite même... Quelques minutes plus tard, la colonne reprenait sa progression vers l'Est. Trois heures plus tard, le village où nous avions rendez-vous apparaissait. A la vue des uniformes noirs à lisérés blancs je tressaille, je ne suis jamais tranquille avec les SS. Wittmann vient nous trouver, c'est la première vois que je vois l'as de la panzerwaffe. Contrairement à certains de ces camarades de classe plutôt arrogants, il est assez humble et ne fait aucune remarque sur nos origines disciplinaires. Il demande la manière dont le combat fut mené et se contente d'hocher de la tête. - Bon travail Kowalski... bon travail. Il m'explique sa tactique pour rejoindre Zhitomir et j'ai la surprise de l'entendre dire: - Voyez-vous la chose autrement Kowalski? Vous qui connaissez la ville? Je me redresse surpris par cette considération inhabituelle provenant de la part d'un officier SS. - Heu.. et bien, je ne sais pas trop, il me faudrait un peu de temps pour réfléchir. Il envoit ses deux sulbaternes organiser la garde et la distribution de repas. Nous sommes maintenant seuls dans la petite maison qui nous sert de quartier général. Wittmann remplit deux tasses de cafés. Il m'en tend une. - Et bien Kowalski, vous ne paraissez pas dans votre assiette. Quelque chose ne va pas, vous êtes Oberleutnant et moi modeste Untersturmfürher, alors que ce passe t'il? Dans la lumière du soir, la tête de mort et les trois petit carrés d'argent représentant son grade sur son col brillaient sinistrement. Je prenais mon courage à deux mains. - J'ai eu trop de problèmes avec les SS pour être en parfaite confiance avec vous Wittmann. Vous m'excuserez donc si j'ai un peu de retenue vous concernant. Il paraît contrarié. - Hum... dommage, pourtant nous faisons partie d'une seule et même armée, nous combattons le même ennemi avec hargne et d'après ce qu'on dit de vous à Kiev, on est plutôt satisfait de vos états de service. En tout cas, c'est que l'Haupmann Gerber dit de vous... vous savez celui qu'on appelle "Panzer Gerber". - Je le connais effectivement et je m'entends plutôt bien avec lui... au fait si vous venez de Kiev, peut-être avez-vous des nouvelles de l'Oberst Milow? Son visage s'assombri: - Milow est mort Kowalski, il y a huit jours dans un bombardement son quartier général a été durement touché. - Ah... dommage, je le considérais comme un bon officier. Wittmann rempli ma tasse de café. - Oui comme Gerber, comme les Leutnant Kilh, Willsdorff, Golgoth, comme vous, comme moi et quelques autres qui combattent devant et ne font pas de théorie pompeuses à l'arrière... Ne croyez-vous pas que nous serons à même de faire une bonne équipe Kowalski? - Si, de toute façon nos destins sont maintenant liés pour quelques temps en tout cas... bien voyons de plus près ce que vous me proposez pour intervenir à Zihtomir. Le lendemain, alors qu'à nouveau une petite escouade menée par Kilh partait en avant garde, l'impressionnante colonne de chars se mettait en route vers la ville russe. Le ciel était lourd, de la neige tombait, et l'aviation nous laissa tranquille, le trajet se fit sans le moindre problème et bientôt Kilh nous avisait qu'il avait Zhitomir en vue. - Tout est calme d'ici, je ne perçois aucun mouvement suspect. Nous attendons en cinq minutes et nous pénétrons dans la ville. Vingt minutes plus tard, Kilh confirmait que la ville était inoccupée. Bientôt, les chars parcouraient la ville abandonnée quelques jours auparavant. Connaissant les lieux, la division de Wittmann se laissait guider dans le dédale de rue qui nous ramena enfin sur la place centrale. L'hôtel de ville et sa cuisine miracle était toujours là. Kupferschmied reprit ses quartiers avec bonheur. Wittmann et moi nous nous installions dans la grande pièce. Il ne posa pas une question. La défense de la ville fut organisée. Nous ne devions pas attendre longtemps avant d'avoir des nouvelles d'Ivan. C'était le 02 janvier 1944 et cela commença par un tir d'artillerie lourde terrible. Pensant que nous avions organisé notre défense dans le périmètre extérieur de la cité, les Russes ont concentré leurs tirs sur cette zone. Et nos chars positionnés à l'intérieur de la ville n'ont pas été touchés. Puis se fut au tour de l'aviation d'entrer en action. Les Sturmovik tournaient inlassablement au-dessus de la ville cherchant nos positions et nos tanks planqués dans des immeubles. Personne ne bouge, les gars ont l'ordre de ne pas tirer sur les appareils ennemis. De toute façon nous avons peu d'armes capables de causer des dommages importants sur ces chars volants que sont les Il2. De ma position surélevée dans l'hôtel précédemment occupé par le régiment de Kilh, je peux voir les mitrailleurs se pencher hors de l'habitacle à la recherche du moindre indice indiquant nos positions. Je peux nettement les distinguer dans leurs grosses vestes, leurs gants et leurs lunettes de vol. Parfois je peux les voir communiquer par gestes avec leur pilote. Sous leurs ailes bleu ciel ornées de grandes étoiles rouges, ils transportent des bombes et des roquettes. Parfois de longs réservoirs gris. - Bombes incendiaires. Murmure Kilh à mes côtés. A chaque fois qu'un avion survole le secteur, je rentre la tête dans mes épaules et je me colle contre le mur sous la fenêtre. Je cœur battant, je m'attends à tout moment à entendre l'éclatement d'une bombe ou le staccato terrible des gros canons de 23 ou de 37 tueurs de chars tant redoutés. Mais une journée de plus se passe sans que les Russes probablement entassés maintenant par milliers aux abords de la ville ne bougent. Volta trépigne d'impatience. - Ils sont là, nous encerclant gentiment mais sûrement et nous comme des cons, on attend ici à défendre une ville qui ne représente rien, deux ateliers de réparation, une église et un hôtel, que de la merde pour faire plaisir à Adolf. C'est le lendemain à l'aube que l'alarme fut lancée depuis plusieurs postes d'observation. - Ici poste 3, nombreuses unités d'infanterie ennemie en progression vers Zihtomir. Nous rejoignons poste de défense Nord-Est. - Poste 2 à QG... de nombreuses unités blindées convergent vers l'entrée principale de la ville. Nous nous replions... - Poste 1... l'assaut ennemi est lancé. Chars d'assaut avec infanterie en mouvement vers la zone industrielle. Wittmann se tient au Sud de la ville. Ses Tigre sont en position prêts à faire mouvement. Il m'annonce qu'il a démarré. Golgoth fait de même et place ses chars sur la rue principale comme il a été prévu. Derrière les pièces antichars, l'équipe de Bhaub qui a pris le commandement de cette unité est également prête. Les Soviétiques ont coordonné leur attaque et entrent en même temps dans la ville. Le premier blindé a pénétré sur l'artère principale est un SU75. Le 88 du Tigre de Golgoth le transforme en torche. Partout en ville, les armes automatiques et les coups de canons résonnent. La première vague russe est anéantie en moins de deux heures. J'ai rejoins le Stug. Volta et Julius qui attendent dans un garage souterrain de l'hôtel de ville trépignent d'impatience. - Alors qu'est-ce qu'on attend... que l'aviation nous enterre vivant, il faut foutre le camp d'ici avant qu'il ne soit trop tard. - La ferme Volta et démarre. On rejoint Golgoth sur l'artère principale. Le pilote de char grommelle quelques juteux jurons à mon endroit et démarre. Je repère les ruines de ce qui devait être une église. - Essayes de t'enfiler là dedans Volta. De l'autre côté il y a un trou béant dans la façade, ça devrait nous donner une bonne position de tir. Le Stug s'enfile à l'intérieur. Un pan de mur épais effondré nous protège des tirs frontaux et le toit de l'édifice nous protège des attaques venues du ciel. L'église est déjà occupée par des grenadiers de montagne de Kilh. Il y a notamment Archy et Vylsain. Le grand Stabfeldewebel est derrière sa fidèle MG42, des dizaines de caisses de munitions s'amoncèlent derrière lui. Plusieurs canons de rechange sont appuyés contre le mur des sacs de sable le protège des tirs d'armes légères adverses. Je reconnais Yohjo bardés de "tubes" antichars, Kier Von Schnabel et Plekhov. Volta les regarde méfiants. - Ben merde alors, sacré position, nous voilà avec les fous... manque plus que le petit zigoto nerveux là... celui qui cligne toujours des yeux et qui bricole avec des charges explosives... comment qu'il s'appelle déjà... ah oui Goliath. Yohjo s'approche, il a sorti un poignard effilé, il le regarde avec des yeux lubriques. - Toi là bas qui te sens si en sécurité dans ta boîte de conserve! Tu as le choix, où on te coupe le quiqui et on te jette en pâture aux Russes ou tu nous considèrent comme ton assurance vie! D'un geste précis il passe sa lame à l'envers sous sa gorge en faisant des bruits équivoques. Volta grimace, il n'est pas très sûr de lui et sa fanfaronnade sonne faux. - Mon assurance vie??? Hahaaaa hem...et bien... et bien on n'en parlera dans quelques heures...hein! Vylsain lui fait une affreuse grimace et la discussion s'arrête là. Alors que dans mon périscope, j'aperçois quelques carcasses incandescentes de tanks russes finissant de se consumer, les gars de Kilh plaisantent de tout et de rien. _________________

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|  | | RTA_Oscarbob Major


Age : 95 Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 7346 Localisation : (en bas à droite)
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 2 Nov - 20:01 | |
| Excellent tout ca ! La suiiiiiiiiiiiiiiite !!
| 27Pzd_Kowalski a écrit: | | - Ben merde alors, sacré position, nous voilà avec les fous... manque plus que le petit zigoto nerveux là... celui qui cligne toujours des yeux et qui bricole avec des charges explosives... comment qu'il s'appelle déjà... ah oui Goliath. |
 _________________ Sic Transit Gloria Mundi
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|  | | RTA_Goliat Second Lieutnant


Age : 19 Inscrit le : 24 Avr 2006 Messages : 4044 Localisation : Valence
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 2 Nov - 20:11 | |
| C'est tout à fait moi 
| Citation: | Yohjo s'approche, il a sorti un poignard effilé, il le regarde avec des yeux lubriques. Toi là bas qui te sens si en sécurité dans ta boîte de conserve tu as le chois, où on te coupe le quiqui et on te jette en pâture aux Russes ou tu nous considèrent comme ton assurance vie |
C'est tout à fait lui  _________________ Bande à part...
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|  | | 615sqn_Volta Flying Officer


Inscrit le : 26 Juil 2006 Messages : 2883 Localisation : Dans les cieux en Avion
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 2 Nov - 20:15 | |
|  _________________ "The Battle of France is over, I expect The Battle of Britain is about to begin" Winston Churchill
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|  | | 615sqn_harry Wing Commander


Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 5420 Localisation : Al Fayat
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mar 20 Nov - 10:48 | |
| L'offensive russe durait depuis 3 jours maintenant. A chaque fois l'ennemi s'approchait un peu plus. Nos pertes étaient faibles par rapport aux Communistes, mais les réserves russes semblaient infinies et les vagues se succédaient sans discontinuer. Leur laissant à peine le temps de se préparer, les officiers soviétiques envoyaient sans la moindre pitié leurs soldats affronter nos MG et nos canons. Chaque attaque leur coûtait très chère en pertes, les cadavre s'amoncelaient dans la rue, après chaque assaut des râles montaient vers le ciel, mais en face aucun brancardier, aucun infirmier pour secourir ces malheureux. Ivan sacrifie ses soldats, par ses infirmiers...Chacune de leur attaque grignote du terrain. Nos postes avancés tombent l'un après l'autre. Au Sud, Wittmann et sa division tiennent en respect les brigades blindées ennemies qui doivent approcher en terrain dégagé, Les canons de 88 et les antichars mettent en miette tout tank ennemi se mettant à découvert à moins de 2 kilomètres. Dans notre position, nous tenons bien le coup. Volta a fait la paix avec les gars de Kilh. Comme il ne sert à rien dans le Stug, il a récupéré sa carabine à lunette. Il a trouvé un poste en hauteur dans le clocher de l'église qui nous abritait. Même s'il ne peut pas toujours tirer, régulièrement, il nous donne des informations quant aux mouvements ennemis dans la rue qui nous fait face. Le Stabfeldwebel Archy met alors en batterie sa terrible MG42 et n'a plus qu'à attendre l'ennemi là où Volta signale sa présence. Parfois, un ou deux obus de 75 bien placés obligent les soldats russes qui se cachent à émerger en catastrophe. Ils sont fauchés dans les secondes qui suivent. Ainsi se déroule nos journées. Les Soviétiques commencent de connaître notre position, régulièrement des avions tentent une passe à la mitrailleuse ou au canon, parfois des bombes, mais sans succès, car nous sommes disposés dans un angle difficile pour une attaque aérienne. Les gars de Kupferschmied nous apportent nos repas aux heures précises et selon Yohjo "on se croirait presque en vacances à faire du tire-pipe dans une fête foraine". La situation devient cependant critique car les nombreuses carcasses de chars ou de véhicules qui encombrent la rue offrent des abris opportuns à l'ennemi qui arrivent parfois à s'approcher. Il arrive que le Mauser à lunette claque au-dessus de nos têtes, nous faisant ressauter. Calmement Volta annonce alors qu'il a abattu un soldat solitaire qui essaye de s'approcher de notre position. Bien évidemment la nuit est le moment le plus difficile à passer. Pour éviter d'être surpris, dès que la ville est plongée dans les ténèbres, nous envoyons des commandos placer des pièges dans toute la rue. C'est Goliath qui a momentanément abandonné le Panther à Tafner qui s'occupe de ce boulot. Avec Yohjo ou Vylsain, ils se glissent silencieusement dans la nuit. Pendant que Goliath pose ses charges et tire des fils invisibles ses deux camarades surveillent les alentours. Dès qu'ils aperçoivent du mouvement, ils se planquent, tirent une fusée éclairante et la MG42 se met en route. Puis arrive le quatrième jours. C'était le matin, nous venions de déjeuner, et il y eut un cris. Vylsain se tordait de douleurs au sol, on ne comprenait rien. Lorsqu'on s'est approché de lui, nous avons compris. Son épaule était blessée, il saignait abondamment. A quelques centimètres près, il était touché à la gorge et s'en était fini de lui. Heureusement, la balle, car s'en était bien une, lui avait juste enlevé un peu de chaire. Pendant qu'on le soignait, ce fut au tour du chargeur du Stabfeldewel Archy, le soldat Moll d'être touché. Mais lui n'eut pas de chance la balle le tua net. Instantanément, nous nous étions tous plaqués au sol. Murmurant comme s'il avait peur d'être entendu. Le mitrailleur souffla: - Tireur d'élite...cette fois, j'ai entendu un tir lointain. C'est la merde. Pâle, il regardait son chargeur affalé sur les sacs de sable. La balle l'avait touchée juste en dessous du nez figeant son visage dans une grimace de stupéfaction. Yohjo s'inquiéta. - Qu'est ce qu'on va faire. Si on montre le bout de notre nez là-haut, on va se faire allumer l'un après l'autre. Ca va devenir intenable. Je réfléchissais à toute vitesse comment gérer ce problème lorsqu'un voix calme nous interpella. - Ca va être mon boulot de le trouver... Heinrich... je compte sur toi pour expliquer à mes parents... enfin, si je ne reviens pas quoi. Volta avait revêtu une veste russe de camouflage hiver. A sa ceinture, plusieurs sacoches de munitions étaient accrochées ainsi qu'un P38. Avant que nous ayons pu dire quelque chose, il avait passé par une fenêtre au sud de la pièce et s'était glissé à l'extérieur. Il disparu ainsi dans une des maisons qui longeait la rue. Yohjo murmura. - Ben mon vieux... il est plus courageux que je ne le pensais. Si Ivan lui tombe dessus avec son télescope, il risque de passer en très mauvais quart d'heure. Dans nos ruines, nous sommes silencieux. Quelques sacs de sable avaient été subtilement déplacés pour faire des espèces de meurtrières d'où nous pouvons nous défendre avec un minimum de protection. Le Stabfeldwebel Archy s'est construit une muraille de sacs de sable. Il jure entre ses dents. - Espèce d'enfoiré de sniper de merde. Il était bien le pt'it Moll, c'était un bon chargeur, il portait des caisses de munition sans un mot... respectueux et tout, au moins il n'y rien vu venir. Une larme roule sur sa joue. - Si je l'attrape ce fumelard je lui ouvre le ventre et je pends par les tripes à la statue de Staline... celle qui est au centre de la place. En attendant venez bandes de fumiers, ma scie de la mort vous attend. Le regard fixe sur le système de visée de sa MG42, la mains crispées sur la poignée, il est prêt à recevoir l'ennemi. Le tireur d'élite a dû changer de position car nous n'avons plus d'alerte depuis le matin. La tentation de se lever est grande, mais Vylsain, de retour de l'infirmerie, qui a fait Stalingrad connaît trop bien la méthode des snipers soviétiques pour nous laisser prendre ce risque. La neige recommence de tomber. La bise noire s'engouffre en bourrasques glaciales dans notre modeste abris, elle siffle dans les dragonnes de nos armes, les flocons de neige virevoltent à gauche et à droite avant de nous recouvrir gentiment d'une mince couche blanche, peut-être notre linceul. Vylsain murmure. Le contraste entre son regard aux aguets et le ton calme de sa voix impressionne: - Il est là les gars... je le sais... je le sens...tapis derrière une fenêtre... sa carabine à lunette emballée dans un drap blanc posée sur ses genoux comme un bijou... une belle arme soignée... un Mosi Nagant spécial, pas de pièces étampée pour cette pièce d'horlogerie... que des pièces usinées à l'huile fine... une crosse en en noyer lustré... un canon dans un acier spécial....on dit que les snipers russes fabriquent leur munition eux-même... ils pèsent leur poudre... ils choisissent leur balle... des projectiles spéciaux dont le manteau d'acier a été partiellement retiré sur la pointe pour qu'ils tuent sans la moindre chance à celui qui est touché... Goliath qui est couché la tête appuyée sur un sac d'explosif ajuste ses lunettes qu'il vient d'essuyer. - T'en as vu des fusils de tireur d'élite ruskov Vyl? - A une reprise... c'est un de nos tireurs d'élite qui l'avait eu... le fusil était exposé comme un joyaux dans le bureau du colonel. Il se l'est approprié personnellement, avec les balles et tout.... moi je dis que ce sont les snipers qui nous ont fait perdre Stalingrad, ils nous ont foutu une trouille terrible... là, il observe notre position au travers de sa lunette, peut être avec ses jumelles... il sait que nous allons nous lasser d'attendre couché derrière ces sacs de sables...au moindre relâchement... il saisira sa carabine... et il attendra... des heures s'il le faut... les snipers russes peuvent attendre leur gibier des heures parfois des jours... pratiquement sans bouger en mangeant et en buvant presque rien... puis le coup claque et un camarade s'effondre... De la poche intérieur de sa veste d'hiver russe, il sort son calot allemand réglementaire qu'il place au bout de sa PPSH il le fait tourner sur lui-même et finalement, le laisse pendouiller. La nuit tombe, il poursuit: - Ce calot, c'est celui que j'avais a Stalingrad... j'ai crevé de froid à Stalingrad...au début, j'étais choqué par les gars de notre armée qui portaient des bouts d'uniforme soviétique... puis j'ai eu tellement froid...j'ai failli crever... alors j'ai ramassé le bonnet d'un officier russe mort... et sa veste aussi... une magnifique veste de laine doublée avec du mouton... c'était un bonheur de porter ses habits... mais il restait les snipers... saloperie de snipers... comme aujourd'hui, ils nous forçaient à vivre abrité en permanence... lorsqu'on avait un tour de garde... on savait quand on y allait... mais on savait jamais si on allait en revenir... on a vécu comme ça pendant 4 mois. Le moindre caillou la moindre poutrelle de fer nous fournissait une protection ... aah si vous aviez vu ça... Stalingrad... la ville la plus moche que je n'aie jamais vue... comment Staline a pu donner son nom à cette horreur... des usines énormes... des maisons identiques partout... et l'hiver la température monte au mieux à -10. Vylsain parle couché derrière la première rangée de sable. Sa main glisse gentiment à sa ceinture. Je fronce les sourcils. Alors que je m'apprête à le lui demander ce qu'il manigance. Il se redresse brusquement saisi un pistolet lance fusée. Il hurle: - Et les fumiers d'en face qui pensent qu'on écoute béat mes conneries... et qui sont à deux doigts de nous surprendre, et bien ils se trompent. Venez salauds. Alors que la fusée redescend en illuminant la rue, j'ai une vision de cauchemar devant nous des dizaines d'uniformes blancs se sont redressés à moins de cinquante mètres de notre position. Au même moment, la MG 42 se met à cracher la foudre. Je suis paralysé et j'ai toute les peines du monde à approcher les sacs de sable. Un soldat russe se lève une grenade à la main, elle pour nous. Ma MP crépite, le soldat tombe, la grenade dégoupillée roule derrière une épave de camion et expose avec un éclat sourd. Une deuxième fusée éclaire la rue plus loin. Irréelle la neige continue de tomber en virevoltant. Vylsain, Bhaub et Goliath ont sauté par dessus les sacs de sables. Ils avancent en hurlant comme des déments fauchant de leurs MP les quelques soldats Russes qui ont eu le malheur d'essayer de maintenir leur position. Les traçantes jaune de la mitrailleuse lourde finissent de faire tomber les derniers Soviétiques battant en retraite. La nuit tombe sur notre position. Essoufflés, Vylsain, Goliath et Oskar Bhaub reprennent leur place initiale. Alors que Goliath s'allume une affreuse cigarette de machorka: - Où que t'en étais à Stalingrad Vylsain? Le jeune soldat allemand le regard rêveur dirigé vers le ciel continue. - Un jour, mon plus grand jour de chance, j'ai été nommé pour accompagner deux officiers supérieurs... je ne sais pas pourquoi moi... je passais par là, on m'a dit "vous... prenez votre paquetage... vous accompagnez ces deux officiers à Malinovski". Vylsain tire une bouffée de fumée nauséabonde sur la cigarette que lui tend Goliath. - ... Vous êtes là, rêveur à réaliser que c'est bien vous l'heureux élus pour sortir de cet enfer... cinq minutes plus tard, j'étais de retour avec mon sac à pain et mon fusil... j'ai laissé toute mes affaires là bas... les lettres de mes parents, la photos de ma copine... tout... j'avais trop peur que l'on change d'avis... le cœur battant je suis monté dans un Ju52 et puis on a pris l'air... On crevait de froid dans ce coucou en tôle ondulée... on a fait une escale pour déposer les blessés puis on a continué... à Malinovski... les deux officiers ont été interceptés par un Einsatzgruppen... je crois qu'ils ont été fusillés pour abandon de leur poste devant l'ennemi. J'ai été interrogé... mais comme je n'avais que suivi les ordres... on m'a laissé tranquille... ils voulaient me renvoyer à Stalingrad.... et puis au dernier moment, comme j'étais plus un fardeau qu'autre chose, on m'a expédié dans le 113ème Régiment de grenadiers de montagne... et me voilà... _________________
 "Jamais dans l'histoire, un si petit nombre d'hommes, n'a tenu entre ses mains le destin d'un si grand nombre" W. Churchill
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|  | | 615sqn_harry Wing Commander


Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 5420 Localisation : Al Fayat
| Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mar 20 Nov - 10:49 | |
| Yohjo qui grignotait un morceau de réglisse ajouta la bouche pleine: - Quelle chanche...combattre avec un des survivants de Stalingrad... y en pas beaucoup qui doivent avoir chette chanche... Oskar Bhaub qui n'avait encore rien dit, lui somma de se taire: - La ferme Yohjo... on s'en fout de tes considérations boiteuses. Dans la nuit, sur notre gauche un coup de feu claqua sec, nous faisant sursauter. Deux autres suivirent, puis une rafale rapide, déchira la nuit. Les sens aux aguets, Julius s'était approché des sacs de sable. - Mitraillette Russe ...l'autre coup de feu, du 9mm... Sa voix se fit sourde: - Volta... Merdi j'y vais. Je l'attrape par le bras: - Non! Pas question d'aller le chercher, c'est trop dangereux. Tu restes ici... Julius se dégagea brutalement: - Toi t'es quand même un beau salaud. C'est ton pilote! On a tout partagé avec lui depuis presque 2 ans et tu le lâches comme ça? Je sais c'est épouvantable, mais c'est la guerre. Mais je ne peux pas compromettre le reste de l'unité pour le sauver. - Julius je sais tout cela et je te garanti que cela me fend le cœur que de l'abandonner à son sort là-bas... pour autant que ce soit bien lui. - Mais bon sang qui veux-tu que ce soit d'autre hein? Il est peut-être là bas, entrain de perdre son sang doucement et nous on attend là, à rien faire. - C'est lui qui a pris la décision de tenter de débusquer le tireur d'élite russe, personne ne lui a demandé de le faire. Pour le moment on ne peut rien pour lui. Demain matin on avisera. Julius s'assied sans un mot dans le fonds sa MP entre les genoux. Oskar s'assied à côté de lui. - C'est la guerre Julius... on a jamais d'amis à la guerre, c'est trop dangereux. Lorsqu'on les perds, on souffre et lorsqu'on souffre on devient vulnérable. Moi, les amis c'est pour après la guerre que je me les réserve... enfin pour ceux qui auront survécu naturellement. Et puis votre pilote, je ne sais pas, mais moi, il me les brisait... parfois. - Ouai, mais c'est Volta, Volta le pédant, le crâneur, le profiteur, mais c'était aussi, Volta le meilleur pilote de char de toute la division, Volta le meilleur tireur de toute la division ... et c'était aussi Volta mon frère ennemi et accessoirement mon ami... ne t'en déplaise Feldwebel Bhaub. Bhaub ne répond pas. Je soupire. - Ecoute Julius on regarde demain ce qu'on peut faire. C'est promis. Julius s'enferme dans un long silence. La neige a cessé de tomber, mais elle est remplacée par un vent terrible et affreusement glaciale. Nous nous emmitouflons du mieux que nous pouvons dans nos couvertures et nos parkas. Il est presque cinq heures du matin lorsque nous entendons le grondement sourd d'un char. Instantanément tous le monde est aux aguets. Vylsain empoigne son pistolet à fusées. Je le retiens. - Non... attend, il est encore trop loin. Derrière les maisons là bas à gauche, C'est trop tôt. Le char russe manœuvre. En avant, en arrière. On entend les chenilles crisser sur les pavés gelés de la grande rue. Yohjo a instinctivement empoigné son tuyau de poêle. Sans un mot, Julius et moi sautons dans le Stug. Par l'écoutille, j'écoute le bruit du char ennemi évoluer. Lorsque j'estime qu'il doit être au milieu de la rue, je demande à Vylsain de tirer sa fusée |
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