
GEFUV
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RTA_Oscarbob Major


Age : 95 Inscrit le : 26 Oct 2005 Messages : 7615 Localisation : (en bas à droite)
 | Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Dim 25 Nov - 22:49 | |
| C't'ambiance....  _________________ ...a stulto undique caveto !
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|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
 | Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 1 Fév - 15:56 | |
| Dans la position, l'ambiance est tendue. Discrètement, malgré le froid mordant, Goliath s'équipe. Il a retiré ses bottes et son harnachement. Il confie sa fidèle PPSH à Vylsain. - Tiens, tu en prends soin jusqu'à mon retour. Et les magasins de rechange là. De son sac mystérieux qu'il porte toujours en bandoulière, il a retiré une paire de bottes fourrées à la semelle souple. Il croit bon de nous en expliquer la provenance. - C'est un cadeau de nos alliés cosaques. Elles sont fragiles, mais souple et chaudes. Il passe une veste d'hiver de parachutistes allemands qui lui sert le corps. Par-dessus, il a passé un ceinturon ou pend un Luger et un magasin de rechange. Dans son dos, il y a son long poignard effilé. Il a pris un sac en tissus écru dont la sangle est réglable. Il y met quelques grenades emballées dans un morceau d'étoffe sale et deux charges explosives de 5 kg. Il tend la sangle pour que le sac lui plaque bien le corps. Il porte des gants fins de laine et de cuir. Après une dernière vérification de son matériel, il tire une bouffée à la cigarette de machorka que lui tend Vylsain et sans un mot, prend le même chemin que Volta, avait pris deux jours auparavant. Après avoir évacué la petite église, il se retrouve dans une cours. Alors que le vent souffle toujours, accroupis, tel un éclaireur indien, il hume l'air et scrute les environs. Après s'être assuré que tout est calme, il pénètre sans bruit dans un immeuble. Il marche sans laisser de traces, évitant soigneusement les plaques de neige qui recouvre le sol aux endroits où la façade est percée. A l'intérieur, il fait sombre et le vent siffle sinistrement au travers des murs éventrés. Ca devait être une jolie bâtisse, sous les gravas, le sol est recouvert de fins motifs de céramique et les murs sont recouverts d'un papier peint luxueux. La main courante est en bois laqué et les ferrures en laiton poli. Les propriétaires, probablement pour ne pas attiser la curiosité des commissaires, ont accroché un peu partout des photos des leaders soviétiques. Au-dessus de la porte, un slogan révolutionnaire en cyrillique a été ajouté un peu maladroitement, à la peinture rouge. Goliath laisse le sous-sol derrière lui et entreprend de monter dans les étages. Au premier, après avoir marqué un temps d'arrêt pour s'assurer qu'il est bien seul, il poursuit sa progression au deuxième, puis au troisième et enfin au dernier étage. Mais la maison est vide. En haut, le toit fracassé par une bombe ou un tir d'artillerie a laissé entré la neige. Image triste d'une chambre d'enfants aux jouets et meubles recouverts d'un manteau blanc. Goliath évite l'endroit. Il a trop peur d'y trouver un cadavre. Les cadavres d'enfants, c'est plus terrible à vivre, alors d'un pas pressant, il gagne rapidement l'autre bout du couloir. Là, la situation est presque comique, car il s'agit d'une salle de bain au plancher détruit. La baignoire accolée contre un mur intérieur est restée en place, on peut même voir des linges encore suspendus sur des supports en bois contre le mur. La cuvette WC par contre, n'est maintenue que par son tuyau d'évacuation, elle est ainsi en suspend à quelques mètres du sol, balançant doucement dans les bourrasques de vent. Goliath s'accroche au bord du mur et suspendu, rejoint le plancher intact et la baignoire. La bise noire chante toujours. Il se redresse un peu pour observer la rue. Celle qui est en face de la position. Il y aperçoit les carcasses de camion et de blindés. Il y a des Russes aussi, il en dénombre une vingtaine, probablement rescapés du dernier assaut de ce matin. La plupart sont accroupis et attendent un nouvel ordre d'assaut. Avec un bon fusil et quelques grenades, il pourrait faire un sacré carnage, mais il n'est pas là pour ça. Les soldats ennemis ne regardent pas vers lui, et il se demande bien pourquoi Ivan ne cherche pas à progresser dans les immeubles en ruine comme il le fait. Mais le temps n'est pas à la réflexion. Comme un chat, il agrippe le bord du mur juste au-dessus de la baignoire et en un seul mouvement franchit l'obstacle pour atteindre la poutraison sous le faîte du toit qui est encore intact. En dessous de lui à moins de deux mètres, il y a un plancher de bois. Mais il ne s'y aventurera pas, les planchers ça grincent. Profitant, des quelques trous dans la toiture qui lui fournissent la lumière nécessaire il progresse, s'accrochant aux solives, sautant de poutres en poutre. Toujours dans un silence monacal à peine troublé par les bourrasques, il atteint le fond des combles de l'immeuble. En dessous de lui, il y a une trappe fermée qui permet d'accéder au dernier étage de la maison. Il hésite. Il consulte sa montre. Ca fait déjà presque une heure qu'il est parti. Il a avancé de cent mètres à peine, il sait qu'il doit encore en faire une fois autant pour atteindre son objectif. Il choisit une lambourde qui descend jusqu'au plancher et tout en si maintenant, il sonde du regard le sol. Et toujours cette bise terrible qui s'engouffre en tourbillons dans chaque interstice. Dehors la neige s'est remise à tomber, mais Goliath n'a pas froid. Il a retiré un gant et de sa main nue tâte la planche qui est juste en dessous de lui. Elle est froide. Ca veut dire qu'en dessous, la pièce n'est pas chauffée. Il approche son nez d'une jointure. Pas d'odeur, ni de tabac, ni de nourriture ou de transpiration. Il pose un pied... doucement et transfert très lentement son poids sur la planche. Aucun bruit. Il ajuste ses lunettes et cherche au sol les joints des lambourdes qui soutiennent le plancher. Mesurant chacun de ses pas, il s'approche de la trappe. Et si les Russes l'avaient miné. Un doute l'assaille, mais il n'a pas le choix, c'est par-là qu'il doit passer. Se soutenant de la pointe des pieds et du bout des doigts, il se couche. Il essaye de réprimer les battements de cœurs qui martèlent ses tempes. Il a l'impression que ça doit s'entendre de loin. Finalement, il se couche et attend quelques minutes, à l'affût du moindre bruit. Devant lui, à portée de main, il y a l'anneau d'acier avec le verrou dont la commande s'actionne par en dessous. Il sort son poignard et essaye vainement d'écarter deux planches, mais le montage est solide et bien fait. A "l'Allemande" qu'il pense à l'intérieur de lui-même. Il se décide à actionner le verrou "et puis merde... de toute façon mourir pour mourir, si c'est maintenant, tant pis". Bien huilé le verrou se déplace sans bruit, millimètre après millimètre. Ca y est, il est complètement ouvert. Sans un bruit, il se redresse et s'accroupi. Il a le souffle court, son cœur bat la chamade. La main gauche tenant fermement la poignée et la droite la crosse de son Luger, il respire profondément et tire doucement sur le panneau qui s'ouvre. Un courant d'air glacial venant de l'étage en dessous lui fouette le visage. Il laisse un espace de quelques centimètres et observe du mieux qu'il peut, la pièce qui est en dessous de lui. Il s'agit en fait d'un corridor. Il aperçoit également une cage d'escalier. Se déhanchant au mieux, il arrive à voir également le mur de la façade percé de fenêtres aux vitres brisées. Lentement, il ouvre la trappe, les charnières ne grincent pas. Lorsque celle-ci est totalement ouverte et appuyée contre un support en bois, le vent s'engouffre dans les combles. En s'écartant du trou, il peut avoir une vue d'ensemble du couloir et de la cage d'escalier. Il y a des portes qui donnent sur des pièces. Rien ne bouge, dehors, quelques coups de feu claquent. Il profite du bruit pour descendre dans le corridor, non sans fermer la trappe derrière lui. L'endroit est désert. Pas un bruit. Il fait une rapide reconnaissance dans les pièces qui s'avèrent être de simples chambres. Il jette un coup d'œil discret par la fenêtre. Depuis cet endroit, il peut voir la rue transversale, celle d'où est venu le SU-85. Il y a des centaines de soldats qui attendent. Le prochain assaut n'est pas loin. Goliath grommelle intérieurement. Mais bon sang où est notre glorieuse Luftwaffe. Une seule bombe sur le paquet et il n'y a plus d'assaut. Mais en cet hiver 43-44, la Luftwaffe est bientôt réduite à peau de chagrin et ne fera que de rares passages sur Zithomir. Au bout du couloir, il y a un passage qui permet d'accéder à l'autre partie de l'étage. A cet endroit, presque toutes les fenêtres sont intactes, de nouvelles portes donnent sur d'autres chambres. Il y a un trou béant dans le mur et un peu de neige recouvre le planche. Il y a des traces, des traces de bottes allemandes. "Tient tient, on dirait que notre ami Volta le maladroit est passé par ici..." murmure intérieurement Goliath, mais malgré une recherche minutieuse de l'étage, aucune autre trace ne laisse ne révèle la présence du pilote de Stug. Toujours son Luger au poing, Goliath descend les escaliers et accède à l'étage suivant. L'immeuble est moins luxueux que le précédent. Les tristes chambres du cinquième ont laissé place à des appartements de deux ou trois pièces toutes aussi sinistres. L'ameublement est sommaire, les fenêtres rares, les lampes sont souvent de simples ampoules suspendues au plafond et les murs en béton bruts de coffrage sont recouverts des sempiternelles affiches de propagande. Déjà presque deux heures que Goliath a quitté la position. Inquiet, il laisse le quatrième étage derrière lui, il n'a pas trouvé de passage pour continuer sa progression. Il se résout à descendre au troisième. Dehors, un nouvel assaut a débuté. Les cris de rage se mêlent aux hurlements désespérés des blessés. Au bout de la rue, la Totensieger du Stabfeldwebel Archy chante sa sinistre complainte fauchant les soldats russes comme des épis de blés mûrs... Le troisième étage est strictement identique à celui du dessus et Goliath a toutes les peines à rester silencieux. La nuit va tomber bientôt et il n'est pas équipé pour franchir ce cap. Il presse le pas et ne prend pas le temps de visiter les appartements. Il hésite, que faire, tenter un passage par le toit ou descendre encore un étage. Alors qu'il s'apprête à quitter la cage d'escalier. Un bruit, très faible, mais perceptible se produit dans l'appartement du fond. Un peu comme une chaise qu'on déplace. Tous ses sens aux aguets, Goliath a oublié le froid, l'heure et son inquiétude. Il y a quelqu'un là bas! La porte du logement en question est ouverte. Il progresse, lentement mais sûrement vers la porte. Ses semelles de cuir souple épousent chaque aspérité du sol. A deux mètres, il marque une pose. Dans la rue, le combat continue, il y a des coups de canons. Le Stug mis en batterie par Julius ou le SU-75, mais il s'en fout. Dans le logement, il y a de nouveau du bruit. Quelqu'un s'est déplacé d'un pas rapide comme s'il l'avait repéré. Goliath ne bouge plus, dans sa main droite il y a le 9mm cran de sûreté relevé et dans la gauche, son fidèle poignard. Il attend, dix minutes, il se redresse doucement car il commence d'être ankylosé, il a froid, affreusement froid, il doit encore avancer, car s'il reste comme ça, il a peur de ne pas avoir les bons réflexes. La porte est à moins d'un mètre maintenant. Il respire la bouche ouverte, soufflant vers le bas pour ne pas trahir sa présence par la vapeur qui émane de chaque expiration. Ca y est, l'inconnu bouge, doucement, mais il l'entend. "Ca" s'approche de la sortie. Plaqué contre le mur Goliath brandit sa fine lame. Les muscles tendus il est prêt à frapper, il sait où doit porter son coup pour que sa victime ne produise aucun son. Un objet tombe par terre suivit d'un miaulement strident et un chat apeuré sort en courant. Goliath ne sait pas s'il doit pleurer ou rire, la tension baisse d'en coup. Alors qu'il s'apprête à faire demi-tour un juron en russe retentit et un uniforme blanc apparaît. Le soldat soviétique est beaucoup plus grand et fort que l'Allemand, il court après le chat et reste paralysé à la vue de Goliath. Dans un premier temps, il lève les mains par réflexe, puis se reprend et empoigne le jeune allemand à la gorge de la main gauche et de la droite cherche son Tokarev à la ceinture. Il a une force herculéenne et soulève sa victime par le cou comme une poupée. Il a le sourire mauvais. Alors que sa vue se trouble sous l'effet de l'étranglement, Goliath aperçoit la dentition en mauvais état de son agresseur. Le P09, appuyé contre la parka épaisse claque sourdement. Une fois, deux fois, quatre coups en tout, tirés à bout touchant, presque par spasme. Lorsque l'étreinte se relâche, dans un mouvement rageur, le poignard se plante à son tour dans la gorge du bourreau. Goliath tombe à genoux. Devant lui, le communiste se tient la poitrine, il y a de la tristesse dans son regard. Il réalise qu'il va mourir. Le souffle rauque, contenant une terrible envie de vomir, il s'adresse au russe dont le regard se voile lentement. - Désolé camarade, en d'autres circonstances on aurait été peut-être copain, mais là, c'était toi ou moi. _________________

Dernière édition par le Ven 1 Fév - 15:57, édité 1 fois |
|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
 | Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Ven 1 Fév - 15:56 | |
| Le Russe, essaye de dire quelque chose, mais il n'y a qu'un gargouillis de sang qui sort de sa gorge éventrée et il tombe face contre terre. Goliath est assis appuyé contre le mur, peut-être qu'il y a un autre soldat ennemi dans la pièce, mais il s'en fout. Les yeux fixés sur sa victime, des larmes roulent sur ses joues. - Putain de merde... putain de merde...je vais devenir fou... fou à lier. Enfoiré d'Adolf, enculé de Joseph, nous faire vivre ça pour ce putain de bout de terre désertique. Il reprend son souffle et se calme. Il sait qu'il doit continuer, il n'a pas le choix, c'est marche ou crève. Il essuie sa veste maculée de sang et entreprend de visiter l'appartement où était le soldat ennemi. Goliath est redevenu Goliath le nettoyeur prêt à tuer pour sa survie. Le soldat soviétique était seul, Dans la pièce, il découvre un peu de nourriture, une bouteille d'eau et une de Vodka. Il en boit une gorgée et la remet à sa place. Sur la table, emballé dans un drap blanc, il y a un Mosin Nagan, la crosse n'est pas en bois précieux comme le disait Vylsain, mais la lunette est bien là. L'homme était probablement le tireur d'élite qui leur rendait la vie impossible depuis plusieurs jours. Goliath trouve également une boite de cartouches. De belles cartouches à l'embout cuivré partiellement dénudé. Il hésite, l'arme est belle et il l'a prendrait bien avec lui, mais il sait qu'il ne peut pas s'encombrer, il doit rester léger pour être efficace. Après quelques hésitations, il se décide à la prendre ainsi que le Tokarev avec les boîtes de munitions. "Ca vaut toujours un peu de pognon un Tokarev et le fusil doit valoir un beau paquet d'oseille, je pourrais les négocier un bon prix". Avant de quitter les lieux, il recouvre le cadavre symboliquement avec le drap blanc et se dirige vers les escaliers pour remonter au dernier étage. A peine il a entamé sa montée que dans l'escalier, en dessous de lui il perçoit du bruit. On parle russe deux étages en dessous. Goliath s'immobilise quelques secondes pour analyser la situation. Les soldat soviétiques, probablement au nombre de deux, discutent en fumant dans la cage d'escalier. Apparemment, ils n'ont pas l'intention de monter. Mais le passage est bel et bien bloqué. C'est donc bien par le toit qu'il devrait poursuivre son dangereux périple. Souple comme un chat, le soldat allemand monte sans bruit au 5ème. Il ouvre la trappe, s'agrippe au bord du trou et accède aux combles. Reprenant son souffle, il regarde sa montre. Trois heures. Il a encore une heure de jour maximum. Le soir tombe. Après avoir refermé la trappe derrière lui, il dépose soigneusement le Tokarev, le Mosin Nagan à lunette et les munitions dans un coin. Il retire quelques tuiles pour ouvrir un passage sur le toit. Lorsque celui-ci est assez vaste, il se glisse à l'extérieur. Le ciel est gris et il neige abondamment. Goliath déteste marcher sur un toit surtout par ce temps. Les tuiles sont glissantes et le risque de passer au travers, toujours présent. Il avance ainsi prudemment, parfois à quatre pattes, parfois couché, parfois accroupis. Bientôt un nouvel obstacle se dresse devant lui. Le dernier immeuble est séparé de son voisin d'au moins trois mètres. S'il se loupe, une chute de trente mètres au moins l'attend avec la mort au bout. Les chutes de neige et le soir tombant ont l'avantage de le masquer à la vue des soldats ennemis qui se trouvent dans la rue, par contre, les tuiles sont affreusement glissantes, rendant sa prise d'élan délicate. Hésitant, il se glisse jusqu'au bord du toit, mais en bas, il n'aperçoit que quelques vagues ombres. Des odeurs émanant d'une cuisine de campagne commencent de lui rappeler la faim. La présence du SU-75 compromet le ravitaillement qui ne peut se faire désormais que la nuit et il n'a pas mangé depuis plus de douze heures. Il faut faire vite. Il se lève s'apprête à prendre de l'élan pour effectuer son saut quand des voix venant de la rue le dissuade de poursuivre. Jurant intérieurement, il s'approche du bord du toit donnant sur l'avenue où se déroulent les combats. C'est à ce moment qu'il s'aperçoit qu'il manque un pan de toit de plusieurs mètres carrés, c'est sa chance. La progression est laborieuse et dangereuse car les lattes à tuiles et les solives ne semblent tenir qu'à presque rien et chaque mouvement provoque une ondulation angoissante de tout le panneau. Goliath n'est pas très lourd et il décide de continuer et de prendre le risque. S'agrippant aux orifices causés quelques tuiles cassées, il s'approche du trou. En bas, tous les étages sont pulvérisés. Avec effroi, il constate, qu'il couché sur un achalandage brinquebalant de lattes et de tuiles pendouillant à plus de trente mètres du sol. Mais tout en bas, il y a quelques choses plus qu'intéressant qui attire son regard. Un gros capot vert foncé surmonté à l'arrière de deux énormes marmites d'échappement et à l'avant d'une cellule fixe d'où sort un canon. Le SU-75 est là. Il pensait qu'il était plus loin. Goliath se déplace d'un bon mètre pour se positionner juste au-dessus du blindé. A chaque mouvement, il risque de tomber, il se maintient du bout de sa chaussure droite qu'il a coincé entre deux tuiles. Lâchant le bord des mains, il n'a plus que son pied qui l'empêche de glisser. Doucement, il ramène devant lui le sac contenant les deux charges et les grenades. Il prépare la première charge qu'il retient avec les dents. Ensuite, se couchant sur le côté, il extirpe les quatre grenades qu'il tient de la main gauche, prend son souffle, dégoupille et bientôt, les quatre grenades chuintant avec un peut fumet disparaissent l'une après l'autre en direction de la rue. Sans se préoccuper des explosions. Il arme la première charge, vise la position du char et la laisse tomber. Alors que la deuxième disparaît à son tour, il ramasse son sac et prudemment fait demi-tour vers le faîte du toit plus solide. En bas, ses grenades ont semé la confusion et il perçoit des cris, mais pas longtemps car une formidable explosion secoue l'immeuble. Cinq secondes plus tard, la deuxième illumine d'un terrible flash orange la rue, projetant dans le ciel une myriade de débris enflammés . Choqués, les Soviétiques ne réagissent qu'une bonne dizaine de secondes plus tard. Une rafale de traçantes vertes hésitantes arrosent la façade du bâtiment. Quelques balles volent du côté de la position d'où Goliath a lancé ses charges, mais il est déjà de l'autre côté du toit, accroupit, il court vers le trou qui lui permettra d'atteindre les combles. La nuit est pratiquement tombée, le froid affreux mais il ne le sent pas. En dessous de lui, dans la bâtisse, il y a un grand brouhaha. Les Soviétiques ont compris que les charges venaient de l'immeuble et ils ratissent chaque étage à coup de rafales de PPSH. Lorsqu'il arrive dans les combles les Russes sont juste en dessous. "Merde, mais comment ils ont fait pour déjà être là???". Ils ont dû découvrir le corps de leur tireur d'élite. S'il tombe entre leurs mains, Goliath sait qu'il lui feront payer cher son incursion, alors il n'hésite pas, plus question de se la jouer discrète. Il saute de poutres de poutres, s'enfilant le plus vite possible vers la sortie. Au passage, il a récupéré le Mosin Nagan et le Tokarev. Son cœur bat la chamade. Encore une dizaine de mètres pour atteindre le mur de la salle de bain délabrée. Tout en maudissant les architectes russes qui ont dessiné l'enchevêtrement de poutres, il avance régulièrement. Encore deux mètres. Derrière lui, le bruit de la trappe s'ouvrant brutalement se fait entendre. Il ne se retourne pas, une première rafale de mitraillette se perd dans les poutres qui bien malgré elles, protègent le fuyard. Une deuxième plus précise fait voler des esquilles de bois et des morceaux de tuile lui tombent dessus. cette fois il n'a pas le choix. Il se jette au sol et extirpe son Luger. Il aligne l'ombre la plus proche qui a commencé de s'aventurer dans la charpente. Le 9mm claque, une fois, l'ombre s'immobilise, deux fois et elle s'effondre dans un petit cris. Goliath aligne les Soviétiques qui n'arrivent pas à le repérer dans la nuit. S'efforçant de rester calme, il repère les ombres qui progressent à une vingtaine de mètres. Plusieurs tombent, il y a des gémissements. Le Tokarev a remplacé le Luger vide. Le lourd calibre prend le relais. Un ordre en russe fuse et instantanément les tirs de PPSH s'arrêtent. Goliath profite de ce cours répit pour rejoindre le pied du mur. Il n'aura qu'une chance pour atteindre le haut de celui-ci. Alors qu'il se redresse s'apprête à sauter, il entend derrière lui un mouvement de charge. Son sang ne fait qu'un tour; DP28. S'appuyant sur une poutre, il se hisse au plus vite sur le haut du mur. Derrière lui, la mitrailleuse russe s'est mise en route. Alors que par un incroyable miracle les balles l'encadre sans le toucher, les mains en sang, il parvient à franchir le mur. Il s'apprête à se lâcher lorsqu'il aperçoit une ombre à sa droite. La cuvette des chiottes! Il est trop à gauche. Derrière, les soldats communistes ont remarqué qu'il avait franchit le mur et la DP28 a arrêté de tirer. La lueur de la lanternes se détachant dans la nuit apparaissent par les trous du toit. Toujours pendu, Goliath n'a pas le choix, se poussant des pieds il se laisse tomber et agrippe le bord de la cuvette, qui plie sous l'effet de son poids. Lâchant celle-ci, il attrape au passage le siphon qui est en dessous et se laisse glisser le long de la conduite dans la nuit. Au-dessus du mur la première lanterne apparaît avec à ses côtés une tête portant le bonnet à poil traditionnel à étoile vermeille. En dessous de lui, un coup de feu claque et la tête disparaît. Lorsque ses pieds touchent enfin quelque chose de dur, il est attrapé par le bras et tiré en arrière. Dans la lueur des incendies, Goliath aperçoit le visage de son sauveur. Volta! Il a les yeux exorbités - Mais qu'est-ce que tu fous ici branleur de mes couilles? Alors qu'en dessus de leurs têtes les tirs d'armes automatique ont repris, Goliath l'empoigne pas le col: - Et toi connard, tu branles quoi depuis deux jours. Alors que les deux hommes s'apprêtent à se battre. Un déclic qu'ils connaissent bien tous les deux, retentit dans la nuit glaciale. De concert, ils ont compris: - Grenade! Et ensemble ils se jettent à terre rampant comme des fous vers le corridor. Alors que la première grenade explose dans leur dos, il se sont redressés et courent en direction de la cage d'escalier. - Mais c'est pas vrai, qu'est-ce que tu as foutu pour que toute l'armée rouge basée dans le coin t'en veuille à ce point? - Je... je te... raconterais. Allez vas-y file! ... là à gauche, les... escaliers! Essoufflés les deux hommes dévalent quatre à quatre les étages. Lorsqu'ils arrivent enfin dans la cours, ils percutent de plein fouet un homme à l'entrée. C'est Bhaub, qui, attiré par le bruit, est venu à leur rencontre. Perdant son calme habituel, il jure comme charretier. - Espèces d'abrutis! Vous ne pouvez donc pas faire attention. Dans les escaliers, un bruit de bottes inquiétants résonne. Alors que Goliath et Volta ont repris leur course effrénée, ayant retrouvé son calme, le sous-officier s'approche du bas de l'escalier. Son Schmeisser balaie les premiers soldats russes. La deuxième vague recule. Bhaub lance deux grenades et rejoint ses deux camarades qui attendent armes au poing derrière un muret. - Aller! Ramenez-vous bande de couards. La position a été évacuée cet après-midi. Il y a des Russes partout. Les survivants sont devant l'hôtel de ville, on évacue. _________________
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|  | | RTA_Goliat Second Lieutnant


Age : 20 Inscrit le : 24 Avr 2006 Messages : 4085 Localisation : Valence
 | Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Sam 2 Fév - 22:58 | |
| Hé bah j'en fais des choses 
Toujours aussi bon Harry  _________________ Bande à part...
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|  | | 27Pzd_Kowalski

Age : 41 Inscrit le : 09 Avr 2007 Messages : 168
 | Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Mar 13 Mai - 17:00 | |
| J'ai de la chance, une balle tirée probablement par le sniper russe a touché une artère au niveau de mon inducteur droit. Sans l'intervention de Julius, qui a rapidement posé un pansement compressif, je me serais saigné comme un porc. Après quelques jours, je me sens remis d'aplomb, Knoll refuse de me laisser sortir. - La cicatrice n'est pas encore assez bien faite et votre artère est encore fragile. Désolé Oberleutnant, mais vous restez encore cinq jours minimums. J'ai beau pester, rien n'y fait. Le toubib est intransigeant. - Non Kowalski, pas la peine d'insister. Si vous étiez condamné, je vous foutrais un pied au cul pour vous mettre hors de mon hôpital. Mais ce n'est pas le cas, alors je ne me casse pas le cul à vous opérer pendant 2 heures de temps, sacrifiant de l'éther et des médicaments pour que vous vous en fichiez. Ayez du respect pour mon travail et les ceux que j'envoie à la chapelle en terminal, parce que je n'ai ni les médicaments ni les moyens techniques pour les sauver. Bon, il a raison le doc, mais en attendant, c'est rageant d'avoir l'impression d'être en pleine forme et de ne pas pouvoir combattre. En plus, je suis sans nouvelle de mes gars dans leur position. Le lendemain, j'ai la chance d'avoir la visite du Leutnant Kihl. Il m'informe de la situation. Malgré une grosse offensive, les communistes n'ont pas réussi à progresser. Et ma position, des pertes? Des nouvelles de Volta? Et le Su-85? La position est toujours tenue. En mon absence, c'est le Feldwebel Bhaub qui en a pris le commandement, Kihl tient une autre position au Nord de la ville. De Volta, toujours pas de nouvelle. Il m'offre une cigarette et nous fumons à la fenêtre. Devant nous s'étale ce qui devait être un charmant parc public. La sempiternelle statue de Staline le bras levé, ne domine aujourd'hui plus qu'un no mans land. Les arbres ont été sectionnés à ras le tronc par les bombes, les parterres de fleurs et les surfaces de gazon ont été transformées en terrain vague. Seule la statue est restée intacte. La bise emportant de petits tourbillons de neige, agite en cadence les quelques brins d'herbes sèches qui dépassent de la couche blanche. Sans un mot, derrière les carreaux fissurés, nous contemplons cette scène lourde de symboles. Kilh murmure: - La guerre... s'entretuer pour ces déserts de neige...c'est si con. La porte s'ouvre avec fracas sur Yohjo essoufflé. - On est débordé de toutes parts... cette fois c'est fini...le centre ville est tombé, y a des communistes partout, faut qu'on dégage fissa... seront là dans moins d'un quart d'heure. Il fait demi-tour criant dans les étages. Nous nous regardons avec Kihl, abasourdis par cette subite annonce. Dehors tout semble si calme. Une rafale de mitraillette russe si typique nous ramène sur terre. Le tir d'une de ces Ppsh , ne ressemble pas au staccato habituel de nos MP, c'est un déchirement comme un cri de rage. Ca fout les frissons. Dans le bâtiment, c'est la panique. Je m'habille le plus vite possible. Empoigne ma MP40 et tout en passant mon ceinturon par-dessus ma tunique je dévale à mon tour les escaliers en direction de la sortie. Nous débouchons dans la rue, la bise souffle, glaciale, terrible. Des camions sont alignés devant l'hôpital. Knoll donne des ordres brefs, des blessés aidés par des infirmiers se traînent jusqu'aux ponts des véhicules lourds où ils sont installés tant bien que mal. Une sourde explosion à moins de vingt mètres nous fait sursauter. - Merde! Mortier d'infanterie... ils sont à moins de 200 mètres. Faut foutre le camp d'ici Kowalski! Venez! Kihl a déjà fait demi-tour et pendant qu'une nouvelle explosion se fait entendre plus près, nous accélérons notre rythme. Je m'arrête essoufflé. - Bon sang Kihl, attendez ...et les blessés, jamais ils s'en sortiront sans notre aide. On ne les lâche pas comme ça, venez. A contre cœur, Yohjo et le jeune Leutnant me suivent. Knoll calmement continue à donner des ordres comme si de rien n'était. Il tient dans sa main droite un Luger. Un nouveau tir de mortier, mais cette fois il n'est pas seul, les deux premiers tirs devaient servir de réglage. Maintenant, plusieurs tubes sont ajustés sur le premier. Il y a encore toute une colonne de blessés à l'arrière du troisième camion. Aucun, ne le rejoindra. Les deux premières charges arrivent en plein sur les malheureux. L'Opel Blitz fait un bon en avant et retombe sur le flanc dans un fracas épouvantable de tôles torturée. Miraculeusement Knoll se relève, il a le visage en sang. Je cours jusqu'à lui et l'empoigne par le bras. - Venez Major, restons pas là ça va continuer de tomber. Il a le visage en sang. - Mes...mes lunettes, Kowalski... sans elle je ne peux rien faire.... Kihl les trouve sur le trottoir dévasté. Cette fois, il faut dégager rapidement. Au bout de la place, une mitrailleuse s'est mise en batterie. Les camions rescapés se mettent en route. Nous sautons dans le dernier. Alors que les balles voltigent tout autour de nous et que la bâche est percée de toute part. Le lourd véhicule dévie de sa trajectoire et heurte le mur qui encadre la place. Yohjo se précipite à l'extérieur, contourne le camion sous le feu, pousse le chauffeur blessé sur le siège droit, engage la marche arrière et en deux manœuvres repart en direction de l'hôtel de ville. Un peu plus loin, l'unité de Kihl a pris position derrière des carcasses de camions renversés, Yohjo contourne l'obstacle et freine dans un crissement de freins. Je saute du pont. Knoll est prostré au fond du camion complètement abruti. Au fond dans la rue, je n'en crois pas mes yeux, mais il y a mon bon vieux Stug. A l'intérieur, il n'y a que Julius. - Volta n'est toujours pas rentré... et il y a Goliath aussi et Bhaub qui est parti à leur recherche. On est sans nouvelle d'eux depuis le début d'après-midi. Il s'est installé aux commandes. - Je vais piloter... et toi comment ça va? Je récupère ma capote dans un coin. - ... Ca va mais j'ai froid. Je suis désolé pour Volta et les autres, mais faut qu'on y aille avant les Ruskov nous tombent dessus. On ne peut plus rien pour eux. Julius soupire. - Ouai, mais ça me fout quand même un coup. Je ne suis pas aussi bon pilote que Volta. Et qui va s'occuper de charger et de la radio? A l'extérieur, ça chauffe. Les Russes ont déplacé leurs mortiers. Une barricade a été érigée au milieu de la rue, les gars de Kihl se battent comme des lions. Soudainement, j'aperçois le mitrailleur Archy. Il est assis à même le sol et se tient le bras gauche. - Reste là Julius et garde le moteur chaud. Je vais voir ce que le grand mitrailleur a, il a l'air blessé. Avançant accroupi, je le rejoint. - Ca va mon vieux? Vous avez l'air complètement abruti? - Ma... ma mitrailleuse est foutue. Canon surchauffé et vrillé. J'en ai plus de réserve. J'ai plus de munition non plus. On va tous crevé ici... laissez-moi. C'est de toute façon fini. Je regarde son bras, la blessure a l'air superficielle. Une grenade a pulvérisé sa position, tuant net son chargeur. Le canon de la MG42 regarde vers le ciel gris. L'espace d'une seconde je prends une décision. - Bon venez, je n'ai plus de chargeur radio. On vous expliquera comment ça fonctionne. Et puis, il y a toujours la MG d'appui. J'ai des canons de réserve et plein de munition, vous ne serez pas de trop pour la faire fonctionner. Complètement groggy, il se lève et empêtré dans sa lourde capote me suis en marmonnant des trucs indistincts. Les gars de Kihl battent en retraite. Pendant que j'aide le Stabfelwebel à s'installer, je perçois un grondement sourd au bout de la rue. Les Tigre de Wittman entrent dans la danse. Les grenadiers s'écartent, ils savent que s'ils restent au milieu de la rue ils seront écrasés sans pitié. - Vas-y Julius suis-les! Archy à la MG! On va les pulvériser ces salauds! Derrière les 8 Tigre, j'ai vraiment l'impression d'être frêle et petit. Les lourds chars de la division SS, renversent la barricade et foncent au milieu des troupes russes. Julius a immobilisé le Stug à la hauteur de la barricade défoncée et là, impassible nous assistons à une démonstration de tir de notre nouveau camarade. La MG crépite par petites rafales, fauchant systématiquement chaque fantassin ennemi échappant aux chenilles des Tigre. - Dis tankiste de mes deux, ça te ferait chier de m'aider à charger la mitrailleuse? Sans un mot, je lui passe les longs chapelets de balles. Le reste il fait tout seul, comme un chef d'orchestre. Régulièrement, il change le canon. Posément, il pose le tube surchauffé sur la structure du tank, saisi de l'autre côté un canon froid, l'installe, arme d'un mouvement sec la mitrailleuse et reprend son tir. Tout cela ne dure qu'une dizaine de secondes. Julius attend de son côté les ordres, le moteur tournant. Enfin, les Tigre ont terminé... Ils font demi-tour, en passant à ma hauteur, Wittman me fait signe de le suivre. Son visage est pâle. Avec son uniforme noir bardé de blanc, il a l'air possédé par le démon, je ne peux m'empêcher d'avoir des frissons. Nos fantassins ont, entre-temps embarqués dans des camions et ont quitté le secteur. Je ferme la marche derrière le dernier lourd panzer. Bientôt nous atteignons les faubourgs de la ville. Nous nous arrêtons à l'abri d'un hangar partiellement dévastée par les bombardements. Sans un mot, l'officier SS a déplié une carte sur le capot avant de son monstre d'acier. Je m'approche. - Que dit votre radio Wittman, la mienne est muette depuis un bon moment. Il murmure les sourcils froncés. - Nous allons a Berdichev, il y a deux jours on nous a avisé que les Rouges poussaient par le Nord. Et vous? Qu'allez-vous faire? - Je ne sais pas, j'ai pas d'ordre précis. Nous allons vous suivre jusqu'à Berdichev. Il replie sa carte. - Je vous propose plutôt d'aller jusqu'à Scala, plus au Sud. Votre unité est complètement dévastée, il ne vous reste que trois Panther et votre vieux Stug. Si vous êtes d'accord, je vous laisse Tafner. Il a fait du bon boulot avec nous. Il ne vous sera pas de trop si vous faites une mauvaise rencontre. Kihl vous suivra, sa compagnie est en triste état également. A Berdichev nous aurons des renforts frais et dispos. Le haut état major de Manstein s'est installé à Scala. Vous aurez l'occasion de recharger vos batteries, de faire soigner vos blessés et de repartir au combat avec plus d'efficacité. Qu'en pensez-vous? Wittman est moins élevé que moi en grade, mais c'est un SS et le ton de ses propos est sans équivoque, c'est comme si c'était un ordre. Je regarde la carte, Scala est à environ 200 km au Sud de Berdichev. - Bien... vous avez sans doute raison Wittman, nous allons à Scala. Bonne chance! Nous nous serrons la main et quelques minutes plus tard, sa division de Tigre suivi de sa colonne de ravitaillement s'éloigne dans la nuit. Avec Kihl, nous faisons un rapide inventaire de matériel, de l'état de nos blessés et du ravitaillement. Alors que je m'apprête à grimper dans le Stug, le bruit d'un pas de course suivi de pierres qui roulent attirent notre attention. Alors que toutes les armes sont braquées vers la source de bruit, Bhaub, Volta et Goliath apparaissent essoufflés. - A ben merde alors, bande de salauds vous alliez partir sans nous! Sans un mot de plus, Goliath monte sur le char à Tafner et s'installe manu militari aux commandes. - Alors tu viens nazillon, faut qu'on foute le camp fissa. On a au moins une brigade complète de petits Sibériens qui ne rêve que d'une chose, nous pendre par les tripes à la statue de Staline sur la place centrale. Dans la nuit le moteur du Panther démarre dans un bruit rageur. Imperturbable, comme à son habitude, Bhaub, s'est installé à l'arrière d'un camion. Il s'allume une cigarette. Quant à Volta, il nous a rejoint et sourit. Comme si de vieux amis se retrouvaient après plusieurs années d'absence. Il a une larme qui coule sur sa joue. - Alors voilà, je suis revenu. Sortant la tête comme un diable de sa boîte, Julius a ouvert l'écoutille du conducteur. - Espèce de sacré sac à pain de mes deux! T'as enfin fini de jouer au héros! Et ben c'est le moment que tu rappliques, je commençais de me demander si j'allais devoir encore piloter longtemps cette vieille boîte de conserve. Le visage de Volta rougit, il y a des éclairs dans ses yeux. Avant qu'il ne puisse répondre quelque chose. Archy sort du Stug. Il époussette sa capote. - Bon ben, vous n'avez plus besoin de moi n'est-ce pas Oberleutnant. Si vous ne voyez pas d'inconvénients, je m'en vais de ce pas rejoindre mes camarades et vous laisse résoudre vos petites histoires de famille. Et il s'en va sautillant rejoindre Bhaub sur la ridelle du camion qui démarre. - Bon allez les gars, foutant le camp d'ici. Volta aux commandes, Julius aux obus. En avant! le Stug s'ébroue et bientôt, les Panther de Tafner, Willsdorff et Golgoth derrière nous, nous rejoignons la colonne de Kihl. Dans le char, Julius sourit. Il donne claque amicale sur l'épaule de Volta. Il a les yeux embués. - Sacré vieux Volta, j'étais sûr que tu reviendrais. Notre chauffeur se retourne. Il sourit aussi. - J'ai bien failli y rester. Pas possible de rester discret avec cet illuminé de Goliath qui a fait sauter la moitié de la rue et tout ce qui s'y trouvait. Avec lui et Bhaub, je n'ai jamais couru aussi vite de ma vie! Ainsi Goliath avait réussi sa mission de sapeur. Mais à quel prix et pour quoi finalement? Un geste héroïque qui mériterait une médaille mais qui n'a servi à rien. _________________
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|  | | RTA_Goliat Second Lieutnant


Age : 20 Inscrit le : 24 Avr 2006 Messages : 4085 Localisation : Valence
 | Sujet: Re: Un Stug pour la liberté Jeu 15 Mai - 23:14 | |
| Merde tout ça pour rien ? Je sers à rien c'est pas vrai 
Toujours aussi bon Harry  _________________ Bande à part...
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