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NAKAJIMA B5N KATE

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S.SAKAI-343KKT




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MessageSujet: NAKAJIMA B5N KATE   Ven 7 Sep - 21:46

NAKAJIMA B5N KATE

On sait quels obscurs desseins l'empire nippon formait durant ce qu'il est convenu d'appeler l'entre-deux-guerres. Afin de réaliser ses rêves d'expansion, le Japon avait constitué en secret des forces armées considérables et, comprenant le rôle que jouerait l'aviation maritime dans un conflit éventuel avec les Etats-Unis, il avait été le premier pays au monde à disposer d'une aéronavale cohérente et efficiente. Forgeant son expérience avec des modèles biplans et monoplans à aile haute, l'Amirauté nippone avait su créer une aviation embarquée moderne, qui devait être et elle le fut réellement la plus puissante du monde. Dès 1935, les milieux aéronautiques de la marine mirent sur pied les plans d'une force aérienne qui fut à l'origine de la célèbre trilogie que les premiers mois de la guerre du Pacifique rendirent si fameuse. Nous entendons par là, le trio de modèles standards qui équipaient les porte-avions de, combat nippons au début des hostilités, c'est-à-dire le chasseur Mitsubishi A6M. « Zéro », le bombardier en piqué Aichi 99 « Val » et le bombardier torpilleur Nakajima 97 B5N. « Kate ».

En 1935 donc, l'Amirauté japonaise lança des spécifications ambitieuses qui tendaient à créer des appareils de conception très moderne pour l'époque. Dans le domaine de l'avion bombardier torpilleur embarqué, les anciens biplans en bois entoilé devaient laisser la place à un monoplan métallique à aile basse. Les deux principaux constructeurs aéronautiques du pays, Mitsubishi et Nakajima, relevèrent ce défi technique et se mirent à l'ouvrage. L'année suivante, les deux projets étaient officiellement présentés : Mitsubishi offrait le B5M. À train d'atterrissage fixe et Nakajima. Le B5N. À train escamotable. Tous deux étaient des monoplans de construction entièrement métallique. De formes générales
Très semblables, les deux projets furent retenus et tous deux commandés. Cependant, certaines différences se firent jour
Et, si le Mitsubishi présentait des avantages dans le domaine de l'entretien et de la praticabilité, le Nakajima affichait
Par contre de meilleures performances.

C'est ainsi que les deux appareils furent construits, mais que le modèle Nakajima connut une plus large diffusion et, par
Conséquent, la notoriété.



LE PROTOTYPE NAKAJIMA
TYPE K 10 SHI


Les bureaux d'études de la firme Nakajima avaient du. En s'attaquant à ce programme, défricher un grand nombre de domaines techniques nouveaux. La formule était originale et les performances exigées dépassaient largement ce qu'on connaissait à l'époque. Une fois de plus, les productions 'étrangères furent à la base du nouvel appareil. S'inspirant d'appareils américains tels que les monoplans Northrop, Douglas et Clark, les ingénieurs nippons dessinèrent un avion de grandes dimensions capable d'atteindre la vitesse Maximale de 335 km/h et de transporter une forte charge militaire.

Les ingénieurs n'hésitèrent pas non plus à aborder le délicat problème de l'atterrisseur escamotable afin d'accroître encore les Qualités aérodynamiques du nouvel appareil. Cet effort méritoire conduisit à la création du premier monoplan militaire multiplace embarqué de la marque.

Le dessin du fuselage très affiné et la voilure généreuse reflétaient le souci des créateurs de mettre à la disposition de la marine un appareil d'une grande stabilité, gage d'une excellente efficacité tactique.

Le fuselage portait à l'avant un moteur en étoile de 9 cylindres Nakajima Hikari 2, développant 710 ch (1.950 tr/mn) à 2.500
Mètres et 830 ch au décollage (2.150tr/mn). Ce groupe entraînait une hélice tripale à pas variable (débattement d'incidence 23°5-31° de 3,20 m de diamètre.

A la suite du capotage en bulbe, du type NACA, le fuselage augmentait très légèrement de section pour atteindre son maître couple à l'aplomb du pare-brise. La partie centrale portait une longue verrière d'habitacle à six arceaux abritant les trois
Postes d'équipage, puis le fuselage se terminait par une ogive très allongée Jusqu'aux empennages.

De part et d'autre du fuselage, à l'aplomb du poste central, deux fenêtres latérales permettaient à l'observateur d'accroître ses vues. De même, sous le fuselage et légèrement en retrait du
Centre de gravité, une ouverture vitrée donnait une excellente vue plongeante.

L'armement largable, composé d'une torpille de 800 kg, ou d'une bombe de 500 kg, ou encore de six bombes de 60 kg,
Était accroché sous des attaches multiples situées dans l'axe et au centre de gravité. L'armement de bord n'était constitué que par une seule mitrailleuse mobile de 7,7 mm placée à l'arrière de
L’habitacle. Notons que la crosse d'appontage venait se plaquer sous l'arrière du fuselage et que la roulette de queue n'était pas relevable.

La voilure, à forte corde et à grand allongement, avait été calculée largement afin de faire de l'avion un très bon voilier à faible charge alaire. De formes trapézoïdales à bords marginaux très arrondis,
Les ailes se composaient d'une section centrale sans dièdre et à corde décroissante et de deux panneaux extérieurs en dièdre, dont la majeure partie était repliable. Ces parties mobiles de voilure
Se relevaient vers le haut par le jeu de vérins oléopneumatiques, en commençant par la partie droite, puis par la gauche
Dont le bord marginal venait chevaucher celui de l'aile droite au-dessus de la cabine. Une autre caractéristique originale de cet avion était l'adoption, pour la première fois au monde sur un appareil militaire, de volets Fowler. Ces surfaces hyper sustentatrices furent toutefois remplacées un peu plus tard par des volets à fente.

Le train d'atterrissage à large voie se relevait vers l'intérieur et s'effaçait dans l'épaisseur de l'aile. Chaque jambe portait un pneumatique de grande dimension et des panneaux d'obturation. Ces panneaux, étroitement solidaires de la jambe, étaient articulés et se pliaient en accordéon afin d'épouser les mouvements des
Amortisseurs. Les empennages, de dessin classique, avaient des dimensions relativement faibles pour un appareil de cette classe.
La construction du prototype fut achevée à la fin de l'année 1936 et, en Janvier 1937, on entreprit les premiers essais.

Les espoirs placés dans le nouvel appareil ne furent pas déçus, car la vitesse de 370 km/h fut rapidement atteinte ; ce qui était très honorable pour l'époque pour un appareil de cette spécialité.

Cependant, des ennuis de moteur incitèrent les ingénieurs à monter sur le deuxième prototype le groupe Hikari 3, moins puissant mais plus sûr. Ce moteur développait 640 ch (1.950 tr/mn) à 2.500 mètres et 770 ch au décollage (2.150 tr/mn) et entraînait une hélice tripale à pas variable (16°-36°) de 3,30 m de diamètre.

Les performances en souffrirent légèrement, mais l'avion y gagna dans le domaine de la sécurité et de la maintenance. D'autre
Part, le deuxième prototype était équipé de réservoirs de carburant logés dans la partie centrale de voilure, accroissant très sensiblement le rayon d'action. Une solution identique fut d'ailleurs adoptée ultérieurement sur le premier prototype.





LE NAKAJIMA 97 B5N.1

Les services techniques de la marine impériale furent séduits par les possibilités du nouvel appareil et le commandèrent sous l'appellation officielle de bombardier torpilleur 97 types l B5N.I. La version de série était identique au deuxième prototype. La seule différence notable résidait dans le système de repliage des ailes, dont le mécanisme oléopneumatique avait été abandonné en faveur de
La simple intervention manuelle, en raison du poids, de l'encombrement et de l'entretien délicat du mécanisme automatique.

Les premiers exemplaires de série connurent le baptême du feu en Chine, où ils furent utilisés comme bombardiers en vol horizontal. Dans cette configuration, l’armement offensif était constitué par
Trois groupes de deux bombes accrochées sous le ventre de l'avion par trois séries d'attaches successives. La plupart des appareils de ce modèle furent ainsi équipés en raison des missions qu'ils devaient
Remplir, missions s'effectuant essentiellement sur des objectifs terrestres.

Les pilotes de la marine nippone appréciaient les excellentes qualités de l'avion, en particulier son aptitude aux décollages courts, sa remarquable stabilité et sa grande autonomie, mais ils se plaignirent d'une faiblesse de la puissance motrice, les obligeant à utiliser trop fréquemment le régime maximum du moteur.





LE NAKAJIMA 97-3 B5N.2

Cette critique des utilisateurs ne demeura pas lettre morte et les ingénieurs de Nakajima étudièrent le montage d'un moteur plus puissant. En décembre 1939, la nouvelle version KM.3 vit le Jour, répondant aux vœux des aviateurs. Ce modèle était équipé du moteur Nakajima NKIB, (Ha.35) Sakae II (14 cylindres en
Double étoile) développant 970 ch à 3.000 mètres (2.500 tr/mn) et 1.000 ch au décollage (2.550 tr/mn). Ce groupe entraînait une hélice tripale à vitesse constante de 3,20 mètres de diamètre.

La cellule de l'avion était rigoureusement identique à celle de la première version de série, mais l'adoption de ce nouveau moteur avait conduit à modifier quelque peu le dessin du capotage. Celui ci était un peu plus long, de forme cylindrique et plus aérodynamique. Une grosse prise d'air apparaissait à la base du capot à l'aplomb des volets périphériques de ventilation. De plus, le moyeu d'hélice
Pouvait être coiffé par une « casserole » parabolique, qui demeurait cependant d'emploi facultatif.

Sur ce modèle, deux systèmes d'armes étalent montés selon les missions à effectuer. D'une part, les trois groupes d'attaches successives du B5N.l étaient conservés pour les missions de bombardement en vol horizontal et, d'autre part, deux attaches plus larges étaient prévues pour l'emport d'une torpille automobile
Type 96-3 de 533 mm, pesant 800 kg.

L'armement défensif restait inchangé, soit une mitrailleuse mobile de 7,7 mm placée à l'arrière de la verrière.

La version B5N.2 fut produite en série dès 1940 et en 1941 elle avait complètement remplacé le modèle précédent dans les formations opérationnelles. C'est alors que les modèles B5N.I furent modifiés,
Débarrassés de l'armement et de la radio, et devinrent des appareils d'entraînement avancé sous l'appellation B5N.IK.





Vers la même époque, les appellations de la marine impériale changèrent. L'indicatif millésime disparut et l'appareil reçut désormais les dénominations suivantes :
B5N.1 modèle II pour le type 97-1 et
B5N.2 modèle 12 pours le type 97-3.
La version B5N.2 modèle 12 fut expérimentée avec succès en Chine, mais elle connut sa grande heure de gloire lors de l'attaque surprise de Pearl Harbour, le 7 décembre 1941. Au cours de cette attaque, les deux variantes, bombardier en vol horizontal et torpilleur, furent utilisées conjointement et obtinrent d'excellents résultats. Peu après l'appareil japonais reçut, de la part des services américains, le nom de code : « Kate ».

Durant les trois premières années de la guerre du Pacifique, le Nakajima B5N.2 fut le seul modèle de bombardier torpilleur embarqué japonais et il fut rencontré dans tous les engagements aéronavals de ce conflit. Remplacé d'ailleurs tardivement par le Nakajima B6N. « Tenzan » (Jill), le Kate fut utilisé cependant
Jusqu’à la fin des hostilités. Certains furent employés dans le rôle d'avion suicide, tandis que d'autres, équipés de systèmes radar et MAD, terminèrent la guerre dans les missions de recherche
Et de destruction des sous-marins américains. Dans cette configuration, les antennes radar, en forme d'échelle, étaient
Disposées le long des flancs arrière du fuselage et parfois aussi sur les ailes.

Le Nakajima B5N. Fut un appareil réussi, peut-être le meilleur qui ait jamais existé dans la spécialité. Servi de plus par les excellents pilotes japonais surentraînés des premiers mois de la guerre, il obtint des résultats étonnants d'une haute portée, tant tactique que stratégique. Il constitua l'un des éléments fondamentaux de
Cette fameuse trilogie qui donna à l'aviation navale nippone sa célébrité et surtout son efficacité. Au total, 1.245 exemplaires B5N.1 et B5N.2 furent construits par les usines Nakajima et Aichi.





Caractéristique et performances du
NAKAJIMA B5N.2 KATE


Envergure : 15,518 m
Longueur : 10,300m
Hauteur : 3,800 m
Surface alaire : 37,7 m2
Poids à vide : 2.279 kg
Poids en charge : 3.800 kg
Poids total : 4.100 kg
Charge alaire : 100,8 kg/m2
Charge au ch : 3,92 kg/ch
Moteur : Nakajima Sakae 11(NK1B - Ha.35)
Puissance : 1.000 ch au décollage (2.550 tr/mn) 970 ch à 3.000 m (2.500 tr/mn)
Hélice - :Tripale à vitesse constante de 3,20 m
Capacité essence : 1.160 titres
Capacité huile : 80 litres
Vitesse maximale : 378 km/h à 3.600 m
Vitesse de croisière : 259 km/h à 3.000 m
Vitesse d'atterriss. : 113 km/h
Vitesse ascensionn. : 3.000 m en 7'40" 5.000 m en 13'46"
Plafond pratique : 7.640 m
Plafond maximal : 8.260 m
Autonomie : 4 h soit 1.020 km

av. charge militaire 8 h soit 1.960 km
Sans charge milit.

Armement : 1 mitrailleuse mobile de
7,7 mm, 1 torpille automobile de 533 mm (800 kg), ou 1 bombe de 500 kg, ou 2 bombes de 250 kg, ou 6 bombes de 60 kg.






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