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 Combats Aérien sur la "Corne de l'Afrique"

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615sqn_Manfred
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MessageSujet: Re: Combats Aérien sur la "Corne de l'Afrique"   Jeu 21 Juil 2016 - 16:50

Salut

Je me permets de remonter le post pour signaler quelques nouveautés sur le site internet consacré aux opérations aériennes durant la campagne d'Afrique Orientale italienne. Je vais profiter des vacances pour avancer un peu dans la chronique (actuellement à la date du 14 octobre 1940)

https://aviationaoi.wordpress.com/


Avec notamment un témoignage très intéressant, sur les conditions de vols, du Lieutnant Cornelius A. van Vliet du No.11 (SAAF) Squadron lors d'un bombardement sur l'aérodrome italien de Jimma (centre - ouest de l'Ethiopie).


« Il était courant à cette époque de régler le compas sur un cap direct vers la cible, puis de faire l’inverse au retour. Globalement, rouge sur le rouge vers la cible, puis rouge sur noir pour rentrer à la maison. C’était le seul système de navigation, aucune radio ou même de l’oxygène pour voler haut. Soudain, le Lieutnant Bernard S.M. Hamilton[5] bat brusquement des ailes puis quitte la formation. Je pense, alors, qu’il lui reste des bombes et qu’il a décidé de retourner sur la cible. Cela ne m’inquiète guère de la voir quitter la formation puisque nos attaques sont, alors, menées principalement de façon individuelles. Après avoir volé en formation, avec Jannie[6] de Wet, pendant environ quarante-cinq minutes, je décide de regarder sérieusement mon compas et aperçois, soudain, qu’il est positionné rouge sur rouge et non vers le noir ! Je me rapproche, donc, de Jannie et commence à lui faire des signes de la main pour lui faire comprendre qu’il faut faire demi-tour (nous n’avons pas de radio), mais il ne comprend évidemment pas mes mouvements. Je suis sur le point de faire demi-tour seul lorsque nous apercevons au loin une large rivière. Heureusement Jannie réalise qu’il s’agit du Nil bleu et que nous ne sommes plus très loin d’Addis-Abeba. Il me fait signe de prendre le lead et je tourne immédiatement à 180°. Après un calcul rapide, je me rends compte que nous aurons de la chance si nous atteignons à temps le territoire amis, l’économie de carburant sera donc vitale. Je décide de monter jusqu’à 6 500 mètres, soit le maximum sans réservoir d’oxygène et réduit les gaz au minimum. Je suis, à ce moment, en vol depuis 6 heures et un besoin présent commence à se faire sentir. Heureusement, je dispose de la cartouche vide d’une fusée de détresse à cet effet. Alors que nous sommes en approche de la frontière, j’essaye de prendre la direction du terrain avancé de Lodwar lorsque, brusquement, Jannie quitte la formation. Je pense, immédiatement, qu’il est tombé à court de carburant. En réalité, il connaissait l’existence d’un terrain à Lokitaung, près du lac Tukana à proximité immédiate de la frontière. Ce n’était pas mon cas, et faute de radio, impossible de m’avertir. Je sais, alors, que mes chances d’atteinte Lodwar sont très faibles et je décide d’aller le plus loin possible, la zone étant semi-désertique, mes chances de réussir un atterrissage forcé sont relativement élevées. Cependant, si le terrain ressemble à un grand terrain d’aviation à 6 500 mètres, la situation s’avère très différentes au raz du sol avec de nombreuses choses très peu plaisantes. Je suis, toujours, très étonné de n’avoir touché aucun rochers lorsque de mon atterrissage forcé. Après être sortis de l’appareil, je récupère avec le Sergeant Wright nos gourdes d’eau et nous commençons la longue marche vers Loodwar soit environ 100 km. Nous marchons longtemps jusqu’à la nuit lorsque nous apercevons au loin les lumières d’un véhicule de l’armée qui nous ramène à Lokitaung où nous retrouvons Jannie, dont l’appareil est fortement endommagé notamment suite aux tirs des Fiat CR.32 au-dessus de l’objectif. Le lendemain, retour à mon appareil avec du carburant pour pouvoir ravitailler et rejoindre Lodwar. Durée totale du vol : 07h40 minutes, probablement un record pour le Squadron sans réservoirs largable »
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MessageSujet: Re: Combats Aérien sur la "Corne de l'Afrique"   Lun 21 Nov 2016 - 21:16

Salut

Quelques évolutions sur le site internet. La chronique va, désormais, jusqu'au 23 octobre 1940. On avance lentement, mais on continue. Avec encore plusieurs corrections par rapport à la documentation classique. Ainsi, contrairement aux dires de Christopher Shores dans son classique (et excellent, comme toujours avec cet auteur) le raid "massif" de la RAF contre les aérodromes de Alamata et Dessie (en Ethiopie) n'ont pas eu lieu le 20 octobre mais le 22 octobre comme le prouve les différents documents d'archives relatifs aux Squadrons concernés. De même, pour le tragique destin du Pilot Officer Heslop M.F. Barnitt, du No.203 (RAF) Squadron tué tragiquement, dans un accident au décollage, quelques heures seulement après sa seconde victoire contre un S.79 du 44bis Gruppo BT.

https://aviationaoi.wordpress.com/la-montee-en-puissance-de-la-saaf/


En outre, le site comporte désormais deux albums photo supplémentaires.

Le premier regroupe plusieurs photographies des Ju.86 du No.16 (SAAF) Squadron durant les opérations de l'automne 1941 contre le dernier foyer de résistance italienne dans la ville de Gondar, dont notamment plusieurs vues aériennes.
https://aviationaoi.wordpress.com/album-photo-colonel-allan-j-mossop/




Le second est plus divers puisqu'il comprend des photo provenant des fonds de l'Imperial Museum de Londres. Avec notamment les deux petits guépards du No.2 (SAAF) Squadron "Flying Cheetahs", en l'occurrence Vickers et Spitfire (on notera la grande imagination des pilotes sud-africains).

https://aviationaoi.wordpress.com/album-photo-divers/

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MessageSujet: Re: Combats Aérien sur la "Corne de l'Afrique"   Mer 4 Jan 2017 - 19:07

Salut

Aujourd’hui, je vous propose quelques nouveaux documents. Ils sont relatifs au Sergeant Francis H. Banfield du No.203 (RAF) Squadron, décédé le 19 novembre 1940 lorsque son Blenheim tombe en mer, probablement en raison d'une perte de contrôle par mauvais temps, tuant tout l'équipage (Pilot Officer Ronald O. Stock Givan, Sergeant Francis H. Banfield et Leading Aircraftman William R. Blackburn).

Ces documents sont à la fois d'un très grand intérêt historique, mais aussi d'une très grande tristesse comme la lettre du Squadron Leader Solano adressée à la mère du Sergeant Banfield suite à son décès.

Ce document, ainsi que d'autres sont à découvrir sur la page suivante :
https://aviationaoi.wordpress.com/2017/01/04/documents-relatifs-au-sergeant-francis-h-banfield/

Merci à Alistair Taylor, de m'avoir aimablement autorisé à publier ces documents.

Pour le reste, la chronique des opérations continuent, et va désormais jusqu'au 19 novembre 1940.

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MessageSujet: Re: Combats Aérien sur la "Corne de l'Afrique"   Lun 30 Jan 2017 - 21:54

Salut

Pas à proprement sur la campagne d'Afrique orientale, ni même sur l'aviation.

Mais, dans le dernier numéro de la revue Ligne de Front (n°65 : janvier - février 2017), on trouve un excellent article de David Zambon sur la conquête éthiopienne par les italiens en 1935 - 1936 : "Duce contre Négus : Comment l'Italie vainquit l'Éthiopie".

Mise à part, le fait que le terme de "Négus" est inapproprié, mais on est sur du détail (et en outre, l'auteur précise ce point), l'article constitue une très bonne synthèse sur le sujet. Pas grand-chose à dire, sauf en conseiller la lecture.

Dans tous les cas, les conséquences de cette campagne de conquête sont non-négligeable puisqu’elles impactent lourdement la stratégie italienne en 1940 :
- une zone centrale conquise récemment avec des infrastructures encore réduite, ce qui limite fortement les mouvements entre les deux territoires périphériques (Somalie et Érythrée) mieux développés et avec une population davantage fidèle notamment pour le recrutement des troupes indigènes ;
- une zone centrale en état de rébellion latente voir en pratique conflictuelle avec régulièrement des affrontements entre Patriotes et troupes italiennes avec toutes les conséquences là encore en termes de logistique et déplacement entre les deux zones périphériques (le transport par voie maritime n'étant pas une alternative face à la Royal Navy) ;
- rébellion qui implique le maintien de moyens militaires sur place et donc absent du front, tout en limitant davantage les possibilités offensives italiennes en direction du Soudan (seule cible d'un intérêt militaire).

Précisions, toutefois, que cette rébellion doit être nuancé puisqu'elle concerne essentiellement les populations historiques de l’Éthiopie chrétienne donc le nord et l'ouest du pays majoritairement ; les populations musulmanes ou de conquête à l'est et au sud étant plus favorable à la présence italienne.

Sur ce point, et là encore sans critiquer les très grandes qualités de l'article de David Zambon, il me semble manquer un aspect. Aspect certes mineur pour la conquête italien, mais important pour les événements futurs. Je base ici essentiellement sur quelques publications universitaires - contribution à des colloques ou ouvrages collectifs d'origine éthiopienne (malheureusement, les publications strictement éthiopiennes étant difficile consultable du fait de l'écriture en Amharique).
Je pense, par exemple, à l'article suivant (disponible en ligne) https://openaccess.leidenuniv.nl/handle/1887/12915

Effectivement l'armée éthiopienne présente des graves lacunes durant les combats de 1935 - 1936. Essentiellement : une absence totale d'intendance (complexe pour une armée de masse) ; une organisation encore très féodale et hétérogène ; une conception stratégique obsolète et même dangereuse vis-à-vis des forces de l'adversaire, en l’occurrence cette volonté de recherche l'affrontement de masse en rase campagne. Cet élément prive les Éthiopiens de deux avantages : une parfaite connaissance locale et l'utilisation de la géographie. Pour preuve, les quelques tentatives de type guérilla ont dans l'ensemble porté leurs fruits, mais employé d'une façon mineure souvent dans un objectif unique de retardement.

Or, comme le remarque certains auteurs, cette direction erronée s'explique par :
- une compréhension chez l'Empereur Hailé Sélassié et la haute-aristocratie d'une défaite logique face à la puissance italienne qualitativement, mais aussi souvent quantitativement (rares sont les affrontements menés en supériorité numérique par les Éthiopiens notamment en raison de cette absence d’intendance), quelque soit la stratégie employée ;
- la conscience d'une intervention voir une précision internationale avait peu de chance d'arriver (de mémoire, l'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande sont les deux rares membres a avoir soutenu une réelle action offensive).

Dès lors face à une défaite inévitable, il était nécessaire de respecter au maximum la (longue) tradition et les lourdes structures de la Royauté éthiopienne, afin d'écarter toute démonstration de faiblesse et conserver la légitimité de l'Empereur. Ceci face aux différends féodaux (à la loyauté potentiellement douteuse), mais aux masses de la population imprégnée de cette double tradition monarchie / chrétiennete (avec effectivement une construction identitaire progressive à partir de l'Empereur Téwodros II qui marque la transition entre l'Éthiopie médiévale et celle moderne). Tout en maintenant une certaine contrainte sur les populations conquises.
Ainsi, l'Empereur et ses grands féodaux se doivent d'affronter l'adversaire avec bravoure et conformément aux grands récits de la tradition Éthiopienne comme leurs prédécesseurs notamment durant les phases de replis des XIII - XVè siècle face à la pression musulmane.

Cette attitude permet malgré la défaite à l'Empereur de partir en exile (et non de reconnaître la tutelle italienne comme espéré par ces derniers) en concernant sa dignité impériale intacte, tout en autorisant la mise en place d'un conseil de régence chargé d'assurer la résistance face au conquérant. Rébellion qu'il convient certes de nuancer sur son importance, ses composantes et son action, mais qui néanmoins existe.

Respect d'une certaine tradition, qui permet aussi aux grands chefs de cette rébellion de pouvoir aussi se saisir de cette tradition à titre de justification et soutien d'une partie de la population. Il est vrai aussi que la structure féodale joue aussi un rôle certain.
Utilisation de la tradition, notamment par la récupération de la notion du "Shifta", laquelle fait référence au bandit souvent d'origine noble qui se révolte contre l'autorité ou l'institution pour faire triompher la bonne justice face à un traitement jugé contraire à cette dernière. Notion qui inscrite dans un certain romantisme développé dans de nombreuses épopées et historiques populaires (donc connu par les masses populaires des campagnes), mais aussi double légitimité par la tradition, mais aussi les institutions (les Empereurs Téwodros II et Yohannes IV, à l'origine des conceptions de l’Éthiopie moderne, n'étaient par directement lié à la dynastie salomonide mais se réclame de ce statut initial de Shifta).

Il est vrai aussi que les Italiens commettent de lourdes erreurs, notamment suite à l'attentat contre Graziani (19 février 1937) et le massacre dans les monastères de Debré Libanos, haut siège symbolique de la chrétienté éthiopienne et de la monarchie (ainsi que de l’alliance entre ces deux).


Désolé pour ces longues lignes très éloignées de l'aviation, mais ces quelques remarques qui me sont venues à la lecture de cet article de David Zambon, dont je conseille encore vivement la lecture sur un sujet très rarement traité en français.
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MessageSujet: Re: Combats Aérien sur la "Corne de l'Afrique"   Mar 31 Jan 2017 - 11:36

si si j'ai tout lu, c'est toujours bon à prendre même si comme tu le dis çà intéresse peu de monde en france. De toute façon, il y a peu d'intérêt pour l'histoire en général ce qui est propice à l'installation de tous les mensonges tous azimut. L'histoire sans interprétation est rare mais l'histoire manipulée devient légion.
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